La menace de destitution de Donald Trump profite aux valeurs refuge
Le «Trump gate» a remplacé le «Trump trade», douchant les espoirs de relance suscités par l’élection du nouveau président. La possibilité de voir Donald Trump entraîné dans une procédure de destitution, et la remise en cause de ses promesses, dont les baisses d’impôts, ont déclenché une correction des actifs risqués, en premier lieu les actions, et ont profité aux Treasuries. Le taux à 10 ans s’est détendu de 16 pb depuis le début de semaine, à 2,2% après avoir atteint 2,62% mi-mars. Les données de la CFTC montrent une hausse des positions nettes acheteuses de Treasuries à 229.119 contrats, au plus haut depuis janvier 2008. «Le portage de cette stratégie crée une symétrie dans la réaction de marché aux publications économiques, d’autant que les fonds spéculatifs acheteurs se sont manifestés sur des niveaux de 2,4%», estime Natixis AM.
Dans ce contexte, le spread américain avec le rendement du Bund allemand à 10 ans s’est resserré à 186 pb, pour revenir sur ses niveaux de mi-novembre juste après l’élection de Donald Trump, même si ça n’est pas encore le cas sur la partie à 2 ans, qui reste soutenue par la perspective d’une hausse de taux de la Fed le 14 juin, anticipée avec une probabilité de 69% par les taux Fed funds. «Si le marché anticipait un rythme de plus de 3 hausses de taux par an, les derniers chiffres d’inflation ont mis à mal ce scénario, même si cela n’a pas encore touché le spread 2 ans américain contre Bund», explique SG CIB. Le mouvement a néanmoins été assez violent pour ramener le dollar à ses plus bas niveaux depuis début novembre face aux 6 autres principales devises, dont l’euro, à l’exception du yen.
«Si la réaction des marchés à la crise politique aux Etats-Unis semble exagérée avec un risque que la hausse des devises refuge et la sous-performance des devises risquées se renversent, la menace de remise en cause de l’agenda de la Maison Blanche et le surcroît d’incertitude politique, sont un signal de performance plus forte pour les devises refuge hors dollar», explique Citi. Les sites de paris accordent 30% de probabilité au déclenchement d’une procédure de destitution. Mais elle nécessiterait une majorité à la chambre des Représentants, républicaine, et un vote de 66% au Sénat faisant office de jury auprès de la Cour Suprême qui décide. Les deux précédentes (Bill Clinton et Andrew Johnson en 1998 et 1868) n’ont pas abouti. Richard Nixon avait démissionné avant que la procédure liée au Watergate soit lancée.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed maintient ses taux inchangés mais affiche sa détermination face à l'inflation
La Réserve fédérale américaine a maintenu son principal taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,5% et 3,75%. Elle a relevé mercredi ses prévisions d'inflation et a affiché sa détermination à restaurer la stabilité des prix tout en se montrant divisée sur l'opportunité d'une hausse des taux d'intérêt dans les prochains mois. -
La Fed de Kevin Warsh est déjà sous contrainte
Le FOMC des 16 et 17 juin, le premier de son nouveau président, ne modifiera pas les taux Fed Funds. Il pourrait abandonner le «biais accommodant» dans sa déclaration. Il sera intéressant de voir comment la communication de la banque centrale évoluera à moyen terme. -
Le G7 suspendu aux humeurs de Donald Trump
La réunion d’Evian, conçue comme l’occasion de relancer le dialogue et le multilatéralisme, débute sous des auspices mitigés, la perspective du règlement du conflit avec l’Iran et de nouvelles menaces de tarifs douaniers contre la France.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- L'espoir de paix au Moyen-Orient donne un élan mesuré aux actions européennes
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Marc Bloch au Panthéon : la leçon de lucidité
Marc Bloch entre ce mardi au Panthéon. L’historien résistant fusillé par la Gestapo laisse à la France un double héritage intellectuel. L’auteur de L’Etrange défaite nous lègue d’abord un diagnostic extra-lucide sur une débâcle nationale : l’affaissement de 1939 qui, à maints égards, résonne avec le déclassement actuel. Son autopsie de la « faillite administrative », la « machinerie des partis », l'« incapacité du commandement », le « délitement collectif » ou la « morgue des élites » sonne avec cruauté à nos oreilles, comme un vade-mecum de notre propre naufrage. -
Canicule : la climatisation en copropriété ? Pas si simple !
Alors que la France suffoque sous une vague de chaleur sans précédent, les demandes en immeubles résidentiels tendent à augmenter. Mais les propriétaires se heurtent à des règles trop strictes -
RetexAffaire Lyhanna : ces nouvelles aberrations que révèle le rapport d’inspection
En scrutant le document rendu public lundi, l’Opinion a relevé des défaillances qui n’avaient pas été mises au jour jusqu’à présent