La fraude chez UBS relance les interrogations sur les activités Delta One
UBS fait ses comptes. Dans un communiqué diffusé dimanche, la banque suisse chiffre à 2,3 milliards de dollars la perte découlant de transactions présumées frauduleuses effectuées par l’un de ses courtiers. Ce dernier, travaillant au sein de l’activité «Global Synthetic Equity», a effectué des opérations de spéculation non autorisées sur divers futures sur indices - S&P 500, DAX et EuroStoxx - au cours des trois derniers mois.
«La véritable ampleur de l’exposition au risque a toutefois été faussée par le fait que les positions étaient compensées dans nos systèmes par des positions fictives sur ETF en espèces à règlement à terme, prétendument exécutées par le courtier», souligne l'établissement. Kweku Adoboli a comparu vendredi devant un tribunal londonien. Il est accusé par les autorités britanniques de fraude par abus de confiance. Dans un entretien publié dimanche par Der Sonntag, le directeur général Oswald Grüebel a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de démissionner.
UBS a annoncé la mise en place d’un comité spécial chargé de mener une enquête indépendante sur les activités de négoce non autorisées et sur leur lien avec l’environnement de contrôle. Les autorités financières britanniques et suisses vont également mener leurs investigations afin d'évaluer la fiabilité globale des contrôles effectués chez UBS.
L’affaire relance évidemment les interrogations sur le fonctionnement du service Delta One des banques, encore mal connu et qui fut également le théâtre de l’affaire Kerviel. Ce service consiste à créer ou échanger des produits répliquant au plus près un panier d’actifs.
«Normalement, c’est beaucoup plus difficile de cacher des positions parce que le Delta One n’est vraiment pas très compliqué. Il s’agit de traiter des paniers, des programmes de trading, des indices, c’est assez simple, souligne un banquier. Cela ne donne lieu à des pertes de cette ampleur que s’il y a fraude.» Il estime que cela n’est possible que lorsqu’une position non couverte n’est pas présentée comme telle aux services de contrôle. Autrement dit, l’énorme perte d’UBS est liée à la fraude du trader et non au métier. «Je pense que c’est un hasard que ce soit arrivé deux fois de suite sur du Delta One», ajoute-t-il.
L’affaire met également en avant les produits ETF, sur lesquels était spécialisé Kweku Adoboli et dont la prolifération rapide inquiète les autorités depuis plusieurs mois, estimant qu’ils manquent de transparence. Mais selon ce professionnel des marchés, «la fraude telle qu’elle a l’air de s’être passée ne les remettra pas en cause ».
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement -
Rio ne répond plusAu Brésil, le dernier rempart à la doctrine « Donroe » risque de tomber
Tarifs, menaces, capture de Maduro, soutien aux candidats de droite... En presque deux ans, Donald Trump a fait basculer presque toute l'Amérique latine sous son emprise. Reste le Brésil -
EditorialBlocus des lycées : une « guerre des récits » qui rate l'essentiel
La colère des élèves et l'incapacité financière de l'Etat à y répondre masquent l'urgence d'une refonte totale de l'enseignement, dans un monde révolutionné par l'IA