La France retrouvera son niveau d’avant-crise plus tôt que prévu
L’activité économique devrait commencer à dépasser son niveau d’avant crise dès le premier trimestre 2022 en France, soit plus tôt qu’initialement prévu, portée par une accélération de la consommation des ménages, a déclaré lundi la Banque de France.
Dans ses nouvelles prévisions, l’institution estime que la levée progressive des restrictions sanitaires et l’accélération de la campagne de vaccination vont permettre un fort rebond de l’activité aux troisième et quatrième trimestres cette année.
Pour le deuxième trimestre, la deuxième économie de la zone euro devrait enregistrer une croissance de 0,5% par rapport au trimestre précédent.
Dans ce contexte, la Banque de France revoit à la hausse ses prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année : elle table désormais sur un PIB en progression de 5,8% en 2021 contre 5,5% dans sa précédente estimation publiée en mars. La France se situerait ainsi bien au-dessus de la moyenne de la zone euro (4,6%).
Le PIB devrait ensuite progresser de 4,1% en 2022 puis de 2,1% en 2023 (contre respectivement 4% et 2% annoncés en mars).
La demande soutient la croissance
« La forte croissance du PIB serait essentiellement portée par la contribution de la demande intérieure en 2021 et 2022, à la fois de la consommation et de l’investissement », écrit la Banque de France.
Les dépenses des ménages vont s’accélérer sur cette période, grâce au surplus d'épargne accumulé pendant la crise. Cet excédent devrait atteindre 180 milliards d’euros fin 2021, d’après l’institution.
Les entreprises, qui bénéficient des mesures de soutien du gouvernement ainsi que du plan de relance de 100 milliards d’euros, verront leur taux d’investissement se stabiliser « à un niveau historiquement élevé ».
Ces dépenses s’effectueront dans un contexte de remontée des prix. La Banque de France table sur un taux d’inflation à 1,5% en moyenne annuelle cette année - avec un pic à 2,1% attendu en octobre - puis 1,2% en 2022 et 2023. Elle prévoyait en mars un taux d’inflation de 1,1% en moyenne cette année, puis 0,9% en 2022 et 1,1% en 2023.
« L’inflation sous-jacente serait certes soutenue en 2021 et 2022 (...) mais resterait contenue, du fait d’une progression modérée des salaires », estime-t-elle.
Débloquer l'épargne forcée
Ces projections restent dépendantes de l'évolution de la situation sanitaire, rappelle la Banque de France, mais aussi de l’ampleur et de la vitesse d’utilisation du surplus d’épargne financière accumulé par les ménages. L’utilisation de ce surplus d'épargne constitue « un déterminant du rythme de la reprise », juge-t-elle.
L’autre source d’inquiétude concerne, pour les entreprises, « l’ampleur et la durée des tensions sur les prix des intrants ainsi que de possibles augmentations des difficultés de recrutement ».
Plus d'articles du même thème
-
L’Indonésie accuse son premier déficit commercial en six ans
Une plus forte baisse des exportations et une plus forte hausse des importations ont entraîné un déficit surprise en mai. Alors que l’inflation a accéléré en juin proche de la cible haute de la banque centrale, la devise reste sous pression, d’autant que la fuite des capitaux étrangers s’est accentuée. -
L’OCDE place la France en face de ses responsabilités
La France cumule les retards dans le redressement de ses finances publiques comme dans son adaptation aux enjeux sociétaux et environnementaux, constate l’OCDE qui recommande au pays de se mettre rapidement au travail pour éviter la relégation. -
Les risques de marchés restent élevés sans pour autant inquiéter davantage l’AMF
Dans sa cartographie des risques, le régulateur passe le cyber en risque très élevé, et anticipe une progression en 2027. Il constate la résilience des marchés malgré un contexte géopolitique très tendu et la dégradation des perspectives économiques.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Bras de ferConsigne des bouteilles plastique : la guerre du bac jaune tourne au bourbier politique
Le gouvernement avance vite pour déployer la consigne pour recyclage à partir de début 2027. Mais les collectivités locales, les ONG et les recycleurs freinent en raison des incertitudes sur les impacts financiers et écologiques de cette vaste réforme. -
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme -
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises