La Banque de France se montre plus optimiste pour la croissance
Publié le
Fabrice Anselmi
Avec ces versements importants, les banques montrent au marché leur solidité financière.
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Gerd Altmann de Pixabay
La Banque de France a revu, mardi matin, ses prévisions de croissance à la hausse pour l’Hexagone : après avoir chuté de -8,2 % en 2020, le PIB français progresserait de +5,5% en 2021, soit un peu plus que dans ses prévisions de décembre (+4,9%). Les projections pour 2022 et 2023 sont également relevées : +3,9% en 2022 (au lieu de +5,1%) et +1,8% en 2023 (au lieu de +2,3%). «La moindre progression sur le premier semestre 2021 est compensée à la fois par la meilleure résistance de l’activité fin 2020 et par une activité plus dynamique au second semestre», indique l’institution, pour qui le rebond se prolongerait l’année prochaine, de telle manière que le niveau d’activité pré-covid serait de nouveau atteint mi-2022. La Banque de France fait l’hypothèse que le premier semestre resterait marqué par les restrictions sanitaires, dont la progression de la vaccination permettrait la levée progressive au second semestre...
L’inflation IPCH resterait assez volatile en 2021 pour diverses raisons (pétrole, soldes, repondération du panier Insee), pour s’établir à +1,1% en moyenne en 2021 (après +0,5% en 2020), et +0,9% en 2022.
La consommation comme moteur
Les économistes de l’institution montrent que le pouvoir d’achat a été maintenu grâce aux aides publiques en 2020, et que l’activité a donc été bien soutenue par la consommation de détail et l’investissement privé (et la construction), qui resteront moteur en 2021 (mais plutôt grâce aux salaires), avec désormais la demande publique. Le surplus d’épargne financière (110 milliards d’euros fin 2020) ne devrait pas encore être entamé, bien au contraire. En revanche, ils ont du mal à estimer quand des activités exportatrices comme l’aéronautique et le tourisme pourraient se reprendre.
Le rebond de la consommation des ménages apparaît d’autant plus probable que leur revenu a été globalement préservé pendant la crise, grâce, à la fois, aux amortisseurs publics et à une résistance notable du marché du travail. La dégradation de l’emploi serait en effet nettement moins prononcée qu’attendu dans sa projection de décembre, l’ajustement au choc d’activité s’étant fait davantage par le nombre d’heures travaillées que par les effectifs : le taux de chômage moyen (8,0% en 2020), monterait à 8,9% en 2021 (avec un pic à 9,5% en fin d’année), et 9,3% en 2022.
Bonne trésorerie des entreprises
La Banque de France note quelques aléas importants pouvant affecter ses projections : des scénarios plus favorables ou plus sévères pourraient conduire cette année à une prévision d’activité de plus ou moins 30% en fonction de l’évolution de l’épidémie très incertaine. Plus à la marge, pourraient jouer la réaction de l’économie à court terme, l’effet du plan de relance aux Etats-Unis (pour +0,3% de PIB sur deux ans), l’engagement avant 2022 du surplus d’épargne financière, ou a contrario d’éventuelles tensions nouvelles sur la situation financière des entreprises.
Concernant les entreprises, la banque centrale note que la dégradation du taux de marge (de 33% à 29% de la valeur ajoutée en 2020) est surtout due à un contrecoup des effets liés au «double compte» CICE, que leur taux d’investissement est resté très bon (24,9%), sans doute grâce aux taux d’intérêt bas et à la nécessité de se projeter sur l’avenir, et que les faillites ne devraient a priori pas trop augmenter grâce à une situation d’endettement net préservée à une échelle macroéconomique – «la trésorerie est restée très bonne dans l’industrie, pas dans les services, mais les activités les plus touchées sont les moins capitalistiques et donc pourraient rouvrir rapidement», avance-t-elle. Pour autant, l’institution rappelle que l’épargne des ménages et des entreprises est une compensation du déficit de l’Etat.
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