La France lance l’idée de règles pour un système de financement à l’export équilibré

A l’issue d’une réunion à Bercy réunissant organisations et pays du G20, Paris appelle à une coopération accrue entre agences de crédit à l’export
Tan Le Quang
Paris appelle à une coopération accrue entre agences de crédit à l'export. Photo: Sittler/REA
Paris appelle à une coopération accrue entre agences de crédit à l'export. Photo: Sittler/REA  - 

Dans le cadre de sa présidence du G20, la France a ouvert le dialogue entre pays émergents et pays industrialisés sur l'état du système de financement du commerce mondial à l’export. L’idée est de définir des règles visant à éviter des déséquilibres et des distorsions de concurrence en la matière. Hier, les organisations internationales comme l’OMC ou la Banque mondiale et les ministres de 19 pays du G20 et de cinq autres pays (dont les Emirats arabes unis) se sont réunis à Bercy pour en débattre.

Soulignant que 80% des échanges commerciaux dans le monde sont réalisés via le crédit à l’exportation, le secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, Pierre Lellouche, a estimé que «les banques régionales de développement sont insuffisamment présentes dans le développement du commerce pour aider les pays qui en ont besoin». En matière de financement des PME (trade finance), il faut «mieux mobiliser» les agences d’assurances crédit à l’exportation et renforcer leur coopération. Il cite l’exemple du Mexique où plus de 50% du PNB est effectué à l’export et 90% via les PME. D’après lui, l’effort de convergence et l’adéquation entre Bâle 3 et les besoins de financement du commerce extérieur sont des points clés, l’objectif étant d'écarter le risque d’assèchement des crédits disponibles post-Bâle 3.

Selon Pierre Lellouche, il y a distorsion de concurrence quand les entreprises exportatrices disposent d’aides de l’Etat ou de subventions aléatoires ou inégales d’un pays à un autre. Se disant «très vigilant» en matière de financement de grands projets, il juge anormale la «situation où un vendeur arrive avec un projet et un chèque en plus», en montrant du doigt le secteur ferroviaire. Craignant ainsi le risque de déplacement de la compétition internationale sur cette partie du financement, il souhaite trouver un système le plus équitable possible pour assurer un libre jeu de la concurrence. Les coopérations industrielles peuvent, selon lui, aider à trouver des règles.

La France, l’Italie et la Russie, dans le cadre du superjet, ont d’ailleurs signé un accord de réassurance tripartite. Les assureurs crédit, Coface et Euler Hermes, ont dévoilé un avenant à l’un de leurs partenariats dans le secteur spatial. Le Mexique qui succédera à la France à la présidence du G20 a confirmé qu’il poursuivrait les travaux français.

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