La fête pourrait durer sur les marchés actions en 2022
Les actions ont atteint de nouveaux sommets en 2021, en Europe comme aux Etats-Unis, avec des gains de près de 30%. La croissance bénéficiaire continuera de soutenir le marché.
Publié le
Xavier Diaz
Fin 2021, les marchés actions sont à de nouveaux records, après une année 2020 qui avait finit au plus haut.
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A Wall Street, l’indice S&P 500 est au plus haut à 4.800 points après avoir battu des records à 69 reprises cette année et affiche un gain de 27,8%. Le Nasdaq est proche de ses plus hauts établis en novembre en hausse de 22,9% depuis le début de l’année. L’Europe n’est pas en reste, et notamment la Bourse de Paris où le CAC 40 a dépassé cette année son record vieux de 21 ans et va terminer l’année au plus haut à 7.173 points après un gain de 29,2%, l’une des meilleures performances boursières de l’année. L’indice Euro Stoxx 50 progresse de 21%, le Dax sous-performe avec un gain de 15,8% tandis que l’Ibex 35 ne gagne que 7,9%.
L’année n’a toutefois pas été linéaire, ni en termes d’évolution, ni en termes de style. La préférence des investisseurs est passée des valeurs décotées et cycliques aux valeurs de croissance et inversement, en fonction des fluctuations sur les marchés de taux. Les pénuries d’approvisionnement ont également animé les échanges. De même que la forte activité des investisseurs particuliers, y compris sur les marchés des options, baptisée par les spécialistes «gamification», particulièrement sur les valeurs «memes» (GameStop ou AMC Entertainement, notamment) et les valeurs stars comme Tesla ou les FAANG.
Si certains investisseurs ont augmenté la part des liquidités dans leurs portefeuilles et commencé à réduire un peu la part des actions, inquiets des niveaux de valorisation et d’un ralentissement de la croissance, la plupart restent positifs. «Avec la pandémie qui n’est pas encore terminée et les données d’inflation qui surprennent toujours à la hausse, les inquiétudes concernant les erreurs politiques pourraient persister, note Emmanuel Cau, stratégiste chez Barclays. Les premières étapes de la politique de normalisation ont généralement entraîné une volatilité plus élevée mais nous notons qu’au cours des cycles passés, les hausses de taux n’ont pas mis fin aux marchés haussiers.» Au cours des quatre cycles de resserrement monétaire des 30 dernières années, les rallyes sur les marchés actions se sont poursuivis sur le moyen terme, même si le mouvement des marchés au cours des 18 derniers mois limite cette fois le potentiel.
Hausse à moyen terme
Les investisseurs le savent. L’espérance de rendement est d’autant plus faible que les marchés atteignent des niveaux extrêmes. A Wall Street, les valeurs de l’indice S&P 500 se payent 21 fois les bénéfices estimés pour les 12 prochains mois. Le même ratio, corrigé du cycle économique, atteint des niveaux jamais vu depuis septembre 2000. Le CAPE ratio est de 40, contre 44 au plus haut il y a 21 ans. Les actions européennes (indice Euro Stoxx 50) se paye 16 fois.
La trajectoire des marchés actions en 2022 dépendra d’abord de la croissance économique et de l’évolution des bénéfices après une année 2021 exceptionnelle. Une fois les effets de base épuisés, la croissance bénéficiaire devrait retomber mais rester à des niveaux soutenus grâce à une poursuite de la reprise. Le consensus des analystes anticipe une nouvelle croissance de 7-8% en 2022 en Europe comme aux Etats-Unis, certains stratégistes anticipant jusqu’à 10%. «Le consensus IBES pour 2022 nous semble assez conservateur par rapport aux projections top-down d’une croissance du PIB en Europe et aux États-Unis supérieure à la tendance moyenne», relève Emmanuel Cau.
Buy the dip
Les marchés actions pourraient réaliser en 2022 une performance en ligne avec la progression des résultats mais dans un contexte volatil. De fait, les marges des entreprises, qui sont au plus haut, notamment aux Etats-Unis, pourraient subir l’impact de la hausse des coûts et la persistance des pénuries dans la chaîne d’approvisionnement. De plus, une inflation plus durable qu’anticipé pourrait non seulement provoquer une forte volatilité sur les taux longs mais aussi une réaction des banques centrales, et en premier lieu la Fed, qui ne serait pas favorable aux actions.
Les titres les mieux valorisés, principalement les FAANG et plus largement les valeurs de croissance, seraient alors les plus vulnérables dans ce nouveau paradigme. Les investisseurs commencent à privilégier les valeurs de croissance défensive. Les récents mouvements sur les marchés témoignent de ces ajustements avec des corrections sur les valeurs dont les fondamentaux sont les moins solides. Dans ce contexte de plus forte volatilité, les spécialistes espèrent toujours que le phénomène d’achat sur repli (buy the dip), qui a notamment été porté par les investisseurs particuliers, continuera en 2022 à soutenir le marché.
Ces deux secteurs ont permis aux marchés actions de bien performer depuis le début de l’année, portés notamment par les bons résultats du premier trimestre. Mais la dynamique est moins favorable pour l’Europe.
Les places boursières en Asie ont nettement reculé, affectées par la forte hausse des taux longs. Le récent rebond a été dominé par les valeurs technologiques et de croissance. Mais cela s’apparente à des prises de bénéfices, après le rallye et avant les résultats de Nvidia.
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