La Fed opte pour le statu quo, malgré les pressions de Donald Trump
La Banque centrale américaine n’a pas cédé aux coups de boutoir de Donald Trump. Au terme d’une réunion monétaire de deux jours, mercredi, elle a maintenu ses taux d’intervention (Fed funds) inchangés à 2,25-2,50%, et a ramené le taux servi sur les réserves bancaires excédentaires de 2,40% à 2,35%, afin que le taux des Fed funds reste dans l’objectif de marge qu’elle a fixé.
Dans une nouvelle attaque contre la Réserve fédérale, le président américain avait réclamé sur Twitter, mardi, une réduction des taux d’intérêt, écrivant «Nous avons le potentiel de décoller comme une fusée si on abaissait les taux, d’un point (de pourcentage) par exemple». Il a aussi reproché à la Fed d’avoir relevé les taux à quatre reprises en 2018 de 0,25% - pour éviter la surchauffe d’une économie dopée par ses réductions d’impôts. Dans les faits, la Fed a promis en mars de faire une pause dans le resserrement monétaire cette année. Alors qu’encore en décembre 2018, elle prévoyait deux relèvements en 2019.
Contrairement à une fin d’année 2018 morose, la Fed a pris acte d’un retour à l’euphorie. Et s’en tient donc à son attitude de «patience». «Le marché du travail reste solide (…) l’activité économique a crû à un rythme soutenu ces dernières semaines», constate la banque centrale dans son communiqué. De fait, la croissance américaine est à un rythme annuel de 3,2% au premier trimestre. La Bourse de New York a retrouvé des sommets historiques fin avril. Le taux de chômage est passé de 4,8% en janvier 2017 à 3,8% aujourd’hui.
Reste que l’inflation est basse, en-deçà de l’objectif de 2%. Ce qui pourrait devenir une fragilité: «la croissance des dépenses des ménages et des investissements des entreprises a ralenti au cours du premier trimestre», ont constaté les banquiers centraux. Pour le président de la Fed Jerome Powell, le ralentissement de la hausse des prix était «inattendu» mais il devrait être «éphémère», précisait-il en conférence de presse mercredi. Or, «une pression à la baisse de plus sur les prix pourrait forcer la Fed à passer d’une position politique neutre à une position défensive tôt ou tard», précise à Bloomberg Lindsey Piegza, chef économiste chez Stifel Nicolaus.
Mais les traders des futures de taux courts ne croient plus autant que la Fed réduira les taux d’ici la fin de l’année. Wall Street a terminé en baisse mercredi, en réaction aux dernières déclarations de Jerome Powell. Le Dow Jones a perdu 163,38 points, soit 0,61%, le S&P-500 a cédé 22,11 points (0,75%), tandis que le Nasdaq a fini en repli de 47,15 points (0,6%).
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh a plutôt rassuré les marchés
Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%. -
Les rachats de Scott Bessent se heurtent à la réalité des bons du Trésor américain
Après avoir annoncé le 19 août sa volonté de racheter davantage de bons du Trésor de maturité longue, le secrétaire au Trésor a dû tenter de rassurer après une première opération de ce type plutôt ratée le 10 septembre. Les experts s’attendent à ce que le Trésor supprime ses adjudications sur les titres à 20 ans entre début novembre et début février. -
La Fed de Kevin Warsh se prépare à remonter les taux
Alors qu’un ralentissement ou une stagnation de l’inflation en août aurait pu conduire à un Comité monétaire plus indécis le 16 septembre, la nouvelle publication en hausse a rallié les marchés à l’idée d'une hausse de taux quasi certaine, la première depuis trois ans.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
France Inter : Charles Sapin renonce à y intervenir à la suite de la suppression de son édito par la direction
Directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », Charles Sapin a indiqué qu’une séquence de débat était envisagé suite à la suppression de son édito sur France Inter, sous pression des grévistes et syndicalistes. Il a refusé l’offre -
Arabie saoudite : des flammes et de la fumée noire visibles près de l'aéroport de Riyad
Des flammes et de la fumée noire s’élevaient dans les environs de l’aéroport international de Riyad, samedi 19 septembre. D’après Flightradar24, de nombreux vols sont annulés ou retardés. Deux fortes explosions ont eu lieu dans la nuit, après une alerte des autorités prévenant d’une « menace aérienne hostile » -
La stratégie du gouvernement pour faire avaler son budget
Montrer aux marchés que la France agit, aux Français que tout le monde doit faire des efforts, aux oppositions qu'elles n'ont pas intérêt à bloquer ce budget : le Premier ministre cherche à relever ce triple défi