La Fed opte pour le statu quo, malgré les pressions de Donald Trump
La Réserve Fédérale a laissé ses taux inchangés mercredi.
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Capucine Cousin
Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed s’est réuni mardi 29 avril et mercredi 1er mai.
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Crédit Fed.
La Banque centrale américaine n’a pas cédé aux coups de boutoir de Donald Trump. Au terme d’une réunion monétaire de deux jours, mercredi, elle a maintenu ses taux d’intervention (Fed funds) inchangés à 2,25-2,50%, et a ramené le taux servi sur les réserves bancaires excédentaires de 2,40% à 2,35%, afin que le taux des Fed funds reste dans l’objectif de marge qu’elle a fixé.
Dans une nouvelle attaque contre la Réserve fédérale, le président américain avait réclamé sur Twitter, mardi, une réduction des taux d’intérêt, écrivant «Nous avons le potentiel de décoller comme une fusée si on abaissait les taux, d’un point (de pourcentage) par exemple». Il a aussi reproché à la Fed d’avoir relevé les taux à quatre reprises en 2018 de 0,25% - pour éviter la surchauffe d’une économie dopée par ses réductions d’impôts. Dans les faits, la Fed a promis en mars de faire une pause dans le resserrement monétaire cette année. Alors qu’encore en décembre 2018, elle prévoyait deux relèvements en 2019.
Contrairement à une fin d’année 2018 morose, la Fed a pris acte d’un retour à l’euphorie. Et s’en tient donc à son attitude de «patience». «Le marché du travail reste solide (…) l’activité économique a crû à un rythme soutenu ces dernières semaines», constate la banque centrale dans son communiqué. De fait, la croissance américaine est à un rythme annuel de 3,2% au premier trimestre. La Bourse de New York a retrouvé des sommets historiques fin avril. Le taux de chômage est passé de 4,8% en janvier 2017 à 3,8% aujourd’hui.
Reste que l’inflation est basse, en-deçà de l’objectif de 2%. Ce qui pourrait devenir une fragilité: «la croissance des dépenses des ménages et des investissements des entreprises a ralenti au cours du premier trimestre», ont constaté les banquiers centraux. Pour le président de la Fed Jerome Powell, le ralentissement de la hausse des prix était «inattendu» mais il devrait être «éphémère», précisait-il en conférence de presse mercredi. Or, «une pression à la baisse de plus sur les prix pourrait forcer la Fed à passer d’une position politique neutre à une position défensive tôt ou tard», précise à Bloomberg Lindsey Piegza, chef économiste chez Stifel Nicolaus.
Mais les traders des futures de taux courts ne croient plus autant que la Fed réduira les taux d’ici la fin de l’année. Wall Street a terminé en baisse mercredi, en réaction aux dernières déclarations de Jerome Powell. Le Dow Jones a perdu 163,38 points, soit 0,61%, le S&P-500 a cédé 22,11 points (0,75%), tandis que le Nasdaq a fini en repli de 47,15 points (0,6%).
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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