La Fed ne baisse pas sa garde pour soutenir l’économie
Malgré un statu quo hier sur ses taux directeurs, la Réserve fédérale américaine (Fed) demeure plus que jamais attentive à l’évolution de l’économie américaine en vue de soutenir la repriseentamée. A l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC), la banque centrale a affirmé qu’elle ne toucherait pas à l’objectif de taux des «Fed funds» tant que l'économie du pays n’aurait pas absorbé les chocs récents.
«Il semble que les statistiques pointent un ralentissement de la reprise» sur le front de l’activité et de l’emploi, a relevé lors de sa conférence de presse le président de la Fed, Jerome Powell. Le rythme de la reprise dépendra fortement de la progression de l’épidémie de coronavirus et des mesures prises pour la contenir. «Nous pensons que nous avons les moyens de soutenir davantage l'économie, certainement à travers nos facilités de crédits et de liquidités, qui sont de fait illimitées», a-t-il ajouté, en invitant le Congrès à agir sur leplan budgétaire.
L’institut d'émission a confirmé être disposé à maintenir ses achats d’obligations «au rythme actuel», soit environ 120 milliards de dollars par mois pour les bons du Trésor et les prêts immobiliers titrisés. Dans le cadre de son engagement à poursuivre ses mesures de soutien, la Fed a par ailleurs déclaré que son dispositif de swaps de devises, initialement mis en place «au moins» jusqu’en septembre, serait maintenu jusqu’au 31 mars 2021. Ce mécanisme est destiné à éviter l'émergence de tensions sur les marchés de crédit internationaux en fournissant des devises américaines à différentes banques centrales.
Concernant le secteur bancaire, Jerome Powell a estimé que les établissements américains sont bien capitalisés mais qu’un assouplissement temporaire de leurs ratios d’endettement pourrait aider à soutenir la distribution de crédit. Les nouveaux scénarios de stress tests, qui tiennent compte de l’impact du coronavirus, seront envoyés le 30 septembre.
Ces déclarations ne devraient pas modifier l’opinion des marchés, qui s’attendent à voir la banque centrale déployer de nouvelles mesures à l’issue de sa prochaine réunion en septembre ou durant le second semestre. Selon Stan Shipley, analyste macroéconomique chez Evercore SI, «le communiqué important sera celui de septembre, lorsqu’ils donneront des éléments sur le pilotage des anticipations», à savoir des éléments permettant d’apprécier l’évolution de la politique monétaire de l’institution.
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