La Fed maintiendra longtemps son soutien pour stimuler la reprise
A l’issue de sa réunion de politique monétaire qui s’est soldée par un statu quo sur ses taux directeurs, la Réserve fédérale américaine (Fed) a promis hier soir de soutenir l’activité du pays durant plusieurs années dans le sillage de la crise économique provoquée par le nouveau coronavirus. «Nous sommes déterminés à utiliser tous les instruments à notre disposition (...) pour faire en sorte que la reprise soit aussi solide que possible», a affirmé lors d’une conférence de presse en ligne son président, Jerome Powell.
La Fed conservera donc l’objectif de taux des fonds fédéraux (Fed funds) à son niveau actuel proche de zéro jusqu’en 2022 au minimum. Les responsables de la banque centrale ont également promis de maintenir les achats d’obligations sur les marchés à leur rythme actuel, soit environ 80 milliards de dollars (70,3 milliards d’euros) par mois pour les bons du Trésor et 40 milliards de dollars pour les prêts immobiliers titrisés. L’institutionestime que la pandémie sanitaire entraînera une récession d’une ampleur «extraordinairement incertaine» et que préserver le flux de crédit est «vital» pour l’économie.
Malgré la publication de bons chiffres sur l’emploi en mai, Jerome Powell a souligné que «des millions de personnes» pourraient rester au chômage une fois le rebond de l’activité engagé. Selon les nouvelles projections de la Fed, le taux de chômage aux Etats-Unis devrait encore atteindre 6,5% à la fin de l’année 2021 et 5,5% un an plus tard, soit deux points de pourcentage au-dessus de son niveau de fin 2019. Elle prévoit en outre une contraction de 6,5% du produit intérieur brut (PIB) américain en 2020, au lieu d’une prévision de croissance de 2% avant l’irruption de la pandémie. Elle envisage une reprise de 5% l’an prochain, avant une normalisation de la croissance à 3,5% en 2022.
«Les projections pour le PIB et le chômage indiquent que la situation va s’améliorer lentement à partir de maintenant, mais qu’il faudra encore un certain temps pour la rétablir», a commenté Tom Martin, gérant chez Globalt à Atlanta. Alors que le Nasdaq a terminé la séance en progression de 0,67%, l’indice Dow Jones et le S&P 500 ont clôturé en baisse de respectivement 1,04% et 0,53% suite à ces annonces. Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a chuté de près de 9 points de base à 0,741%.
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