La Fed doit-elle prendre en compte les inégalités de revenu dans sa politique monétaire ?
Afin de rendre la politique monétaire de la Réserve Fédérale (Fed) plus efficace, Standard and Poor’s propose de prendre en compte les inégalités de revenus dans les décisions de politique monétaire.
Les auteurs de l'étude admettent que la Fed a permis de stimuler l’économie américaine après la crise financière, et que la politique de Quantitative Easing (QE) pourrait avoir permis de créer 1,9 million d’emplois et d’augmenter le PIB réel de 350 milliards de dollars. Toutefois, le rapport met en exergue un obstacle à la politique de la Fed à long terme.
Les objectifs de la Fed sont doubles, rappelle Standard and Poor’s : la politique monétaire doit assurer la stabilité des prix et stimuler la création d’emplois. Mais ces objectifs ne prennent pas en compte les inégalités de revenu qu’ils engendrent. « Le QE, en étant positif pour l’économie en général, peut générer des bénéfices disproportionnés pour les propriétaires d’actifs financiers (actions et obligations) - c’est-à-dire ceux relativement riches – et peut donc renforcer les inégalités » notait Paul Sheard, économiste en chef de Standard and Poor’s.
Les inégalités ont explosé après la crise financière aux Etats-Unis et la politique de Quantitative easing menée par la Fed a pu soutenir dans une certaine mesure cette tendance, estime l’agence Standard and Poor’s. « A cause de l’augmentation de la concentration de la richesse » au bénéfice des détenteurs d’actifs, note le document, « les canaux de transmission [de la politique monétaire] sont devenus moins efficients ». Alors que « dans des conditions normales, des coûts d’emprunts plus bas ont tendance à dynamiser les dépenses de consommation (et donc l’activité économique), en prenant en compte la propension marginale à consommer », la montée des inégalités et la concentration des richesses annihilent la stimulation économique via la consommation.
Les ménages les plus modestes ont une propension marginale à consommer plus élevée et n’ont que des revenus restreints. De leur côté les ménages plus aisés ont, proportionnellement, une propension à consommer plus faible et voient leurs revenus croître. Dans ces conditions, la politique monétaire n’est donc plus efficace, une relance monétaire ne permettant pas structurellement de relancer la consommation.
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