La direction de Wendel en 2007 visée par une plainte

Une plainte contre X a été déposée par un ancien directeur juridique pour abus de biens sociaux, délit d’initiés et manipulation de cours
Virginie Deneuville
Photo: PHB/Agefi
Photo: PHB/Agefi  - 

Ernest-Antoine Sellière, président du conseil de surveillance de Wendel, et Jean-Bernard Lafonta, ancien président du directoire, font l’objet d’une nouvelle plainte contre X déposée au parquet de Paris en février pour abus de biens sociaux, délit d’initiés et manipulation de cours, ont indiqué à L’Agefi des sources proches du dossier, confirmant les informations du quotidien Libération.

Cette plainte, déposée par Arnaud Desclèves, ancien directeur juridique de la société d’investissement, évoque des faits remontant à 2007. Selon la plainte, dont L’Agefi a obtenu copie, Jean-Bernard Lafonta se voit reprocher d’avoir cédé pour 40 millions d’euros de titres Wendel, alors qu’une clause de conservation (lock-up) avait été imposée aux cadres en raison de leur situation d’initiés sur la montée de la société au capital de Saint-Gobain.

Face à la baisse du titre Saint-Gobain, risquant de se répercuter sur celui de Wendel, le dirigeant aurait décidé, selon le plaignant, «de «se faire saisir» (des) actions nanties (sur un prêt octroyé par JPMorgan, ndlr) pour faire croire à une «vente forcée"». «Jean-Bernard Lafonta aurait fait modifier la grille d’appel de marge, lui permettant ainsi d’être saisi avant que le titre ne chute trop fortement», explique une des sources. La plainte vise également Ernest-Antoine Seillière, qui aurait «fait la même chose», selon le plaignant.

Parallèlement, lors du départ en mars 2009 de Jean-Bernard Lafonta, remplacé par Frédéric Lemoine, l’actif net réévalué de Wendel aurait été artificiellement gonflé. Ceci en vue de soutenir le cours de Bourse et de permettre à Jean-Bernard Lafonta de céder ses actions à un prix supérieur. Le plaignant pointe également du doigt «le remboursement illégal des parts de carried interest» et le rôle de Frédéric Lemoine, membre du conseil de surveillance et du comité d’audit depuis septembre 2008.

L’assemblée générale du 4 juin s’annonce tendue. Outre les questions relevant de ce dernier dossier, l’état-major se verra également interrogé sur le redressement fiscal notifié à quatorze dirigeants ou ex-dirigeants. Alors que le comité de l’abus de droit fiscal a été saisi, «un avis devrait être rendu dans les prochains jours», selon une des sources. Wendel, qui a obtenu un non-lieu sur un précédent dossier dit «Solfur», s’est refusé à tout commentaire.

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