La dette high yield gagne ses galons de financement primaire alternatif
Dans un contexte de repli des taux de défaut, les émissions de dette de la part des émetteurs européens en catégorie spéculative ont atteint un plus haut historique l’an passé. Standard & Poor’s les évaluent à 44,4 milliards d’euros, contre 24,5 milliards en 2009. Mais si les besoins de refinancement ont à nouveau été à l’origine d’une nette majorité des opérations (71% des volumes selon l’agence), les émetteurs corporates ainsi que les sociétés de private equity ont été actifs sur le marché en lui conférant un rôle d’outil alternatif de financement des fusions-acquisitions afin de réduire leur dépendance envers la dette bancaire.
Selon l’agence, cette confiance a été mise en lumière notamment par deux transactions signées en janvier, même si elles apparaissent encore atypiques : les rachats de Priory Group par Advent et de Swissport par PAI Partners. Les acquéreurs ont en effet sollicité directement le marché pour le financement d’une part majeure des opérations. Une initiative qui leur a offert deux avantages de taille selon S&P. A savoir une moindre contribution du financement en actions, à 38% soit 13 points de moins que pour les opérations financées avec la dette bancaire, ainsi qu’un effet de levier plus élevé, la dette représentant 5 fois l’excédent brut d’exploitation au lieu de 4,5 fois.
Sur fond de ce souci de diversification des sources de financement, les émetteurs high yield ont représenté quelque 60% des nouvelles notations de S&P en 2010. L’agence mise sur une poursuite de ce dynamisme, car les émetteurs corporates et les fonds de private equity font preuve de bonne volonté face à une exigence croissante des investisseurs en termes de transparence financière. Même si la tradition de relatif secret inhérente aux émetteurs high yield «reste un obstacle» pour renforcer la maturité du marché, ces émetteurs se plient plus volontiers aux demandes des investisseurs afin d’accaparer un financement que les banques sont plus réticentes à distribuer.
Las, ces succès ne sauraient masquer selon S&P le risque réel d’une «seconde vague» de défauts en 2012 et 2013. L’agence s’inquiète en effet tant de la capacité du marché à absorber les 100 milliards d’euros de besoins de refinancement pour chacune de ces années que des caractéristiques de crédit de nombreuses sociétés sous LBO.
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