La croissance faiblit dans la zone euro en fin d’année
La croissance de l’activité économique de la zone euro a ralenti plus fortement que prévu fin 2025, après avoir fait preuve de résistance une grande partie de l’année malgré la menace des droits de douane américains. L’économie européenne a faibli en décembre sous l’effet d’une contraction accrue du secteur manufacturier et d’un ralentissement de l’expansion du secteur des services, notamment en Allemagne, selon l’enquête mensuelle PMI auprès des directeurs d’achat.
L’indice PMI composite flash HCOB de la zone euro, compilé par S&P Global, a reculé à 51,9 ce mois-ci, son plus bas niveau en trois mois, après avoir atteint un sommet de 52,8 en novembre, son plus haut niveau en deux ans et demi. Ce chiffre qui est inférieur aux prévisions de Reuters (52,7), est à relativiser car il marque la première année civile complète depuis 2019 au-dessus du seuil de 50,0, qui sépare la croissance de la contraction.
Toutefois, l’activité manufacturière s’est contractée pour le deuxième mois consécutif. L’indice PMI global du secteur a reculé à 49,2 ce mois-ci, contre 49,6 en novembre, son plus bas niveau depuis avril et inférieur aux prévisions de Reuters (49,9). L’indice mesurant la production s’est contracté pour la première fois en 10 mois et les nouvelles commandes ont chuté à leur rythme le plus rapide depuis février. Le secteur des services a continué de jouer un rôle prépondérant, mais sa croissance a ralenti. L’indice PMI des services a reculé à 52,6, contre un sommet de 53,6 en novembre (son plus haut niveau en deux ans et demi), également inférieur aux 53,3 prévus par le sondage Reuters.
«Ce ralentissement est principalement imputable à l’industrie allemande, où la contraction s’est accentuée, a déclaré Cyrus de la Rubia, économiste en chef de la Hamburg Commercial Bank (HCOB). En France, en revanche, on observe des signes de reprise prudente dans l’industrie, même s’il ne faut pas surinterpréter un seul chiffre mensuel».
Inversion de tendance
Pour Melanie Debono, économiste senior Europe chez Pantheon Macroeconomics, cette inversion de tendance dans l’industrie en Allemagne semble marquer la fin de la reprise du secteur visible ces derniers mois. «La demande de services s’est atténuée, tandis que dans le secteur manufacturier, la demande a chuté au rythme le plus rapide depuis février, dans le sillage d’une baisse plus marquée des nouvelles commandes à l’exportation en décembre qu’en novembre», relève l’économiste.
De fait, la croissance du secteur privé allemand a ralenti pour le deuxième mois consécutif en décembre, pénalisée par la stagnation des nouvelles commandes et le recul de la production manufacturière. L’indice PMI manufacturier a encore plongé en territoire de contraction, tombant à 47,7 contre 48,2 le mois précédent. L’indice PMI composite flash préliminaire HCOB a chuté à 51,5 en décembre, contre 52,4 en novembre, atteignant ainsi son plus bas niveau en quatre mois. La croissance du secteur des services a ralenti à son rythme le plus faible depuis septembre, l’indice s'établissant à 52,6, contre 53,1 en novembre.
La croissance du secteur privé français a quasiment stagné en décembre, l’incertitude politique persistante continuant de peser sur la deuxième économie de la zone euro. L’indice PMI composite flash HCOB s’est établi à 50,1 points, contre 50,4 en novembre. Ce chiffre témoigne d’une quasi-stagnation du secteur privé.
«L’indice PMI de la zone euro s’est établi en moyenne à 52,4 au quatrième trimestre, contre 51,0 au troisième trimestre, malgré un repli en décembre, ce qui signale des risques de hausse pour nos prévisions de croissance du PIB de la zone euro», affirme Melanie Debono qui note également des pressions sur les prix. «Par ailleurs, les données détaillées indiquent une augmentation des pressions inflationnistes dans les mois à venir». Les pressions inflationnistes se sont accentuées, les coûts des intrants progressant à leur rythme le plus rapide depuis mars et les prix à la production augmentant également, selon l’enquête PMI. «En conséquence, l’enquête ne justifie toujours pas une baisse des taux de la BCE cette semaine, ni même au premier trimestre, selon l’économiste de Pantheon Macroeconomics. Nous restons convaincus que le cycle d’assouplissement de la politique monétaire de la BCE est terminé.» L’inflation globale a légèrement augmenté récemment, mais est restée proche de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE), ce qui devrait inciter cette dernière à maintenir le statu quo. Un sondage Reuters distinct indique que la BCE devrait maintenir ses taux inchangés au moins jusqu’en 2027.
(Avec Reuters)
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