La crise catalane pénalise les actifs espagnols
L’escalade entre Madrid et Barcelone fait enfin réagir les investisseurs. Le vote d’une minorité de Catalans (43% de participation) ce dimanche en faveur de l’indépendance, à 90%, lors d’un scrutin émaillé de violences, a pesé hier sur les actifs financiers espagnols. Les rendements à 10 ans se sont tendus de plus de 10 points de base en séance hier, creusant de 14 pb le spread avec l’Allemagne et entraînant à leur suite les taux italiens et portugais. L’indice Ibex 35 a en revanche été le seul à clôturer en repli en Europe, perdant 1,21%, tiré à la baisse par les banques implantées en Catalogne, comme Caixabank (-4,43%) et Banco Sabadell (-4,53%). Ce climat semble aussi avoir jeté un froid sur le marché primaire du crédit corporate, où aucune émission n’a eu lieu.
Carles Puigdemont, le président de l’exécutif catalan, a appelé à une médiation européenne, qui apparaît aujourd’hui comme l’un des moyens de sortir par le haut de la crise pour les deux parties. Un porte-parole de la Commission européenne, tout en appelant au «dialogue», a rappelé hier le caractère «illégal» du référendum.
Réformer la Constitution de 1978 ?
La solution pourrait venir d’une réforme de la Constitution de 1978, donnant plus de pouvoirs aux régions autonomes. Mais dans l’immédiat, Carles Puigdemont reste déterminé à proclamer l’indépendance, ce qui pourrait forcer le Premier ministre Mariano Rajoy à activer l’article 155 de la Constitution – du jamais-vu – permettant au gouvernement central de mettre la communauté autonome sous tutelle. Il lui faudrait pour cela obtenir la majorité absolue au Sénat, et donc trouver un terrain d’entente avec le Parti socialiste et Ciudadanos.
«Pour lever les incertitudes et rassurer les marchés, il faudrait que Barcelone et Madrid parviennent rapidement à publier un calendrier politique de résolution de cette crise», estime pour sa part Jesus Castillo, économiste chez Natixis, dans une tribune publiée sur agefi.fr. D’ici là, la prudence devrait prévaloir à court terme vis-à-vis des actifs espagnols, et notamment des actions les plus exposées à l’économie de la région.
«Si la crise continue longtemps, le redressement spectaculaire de l’économie espagnole pourrait aussi être entravé», soulignent les économistes d’ING. Pour l’heure, les agences de notation n’ont pas révisé leurs perspectives.
Plus d'articles du même thème
-
Le G7 suspendu aux humeurs de Donald Trump
La réunion d’Evian, conçue comme l’occasion de relancer le dialogue et le multilatéralisme, débute sous des auspices mitigés, la perspective du règlement du conflit avec l’Iran et de nouvelles menaces de tarifs douaniers contre la France. -
Deutsche Börse échapperait à une supervision européenne obligatoire
Berlin a obtenu une dérogation pour que la place boursière allemande puisse rester sous le contrôle de son régulateur national, selon le Financial Times. -
La France veut faire du G7 d'Evian un grand forum de médiation des conflits mondiaux
Le président de la République a voulu un sommet de convergence, permettant d’aborder les déséquilibres économiques mondiaux mais aussi les conflits en cours en Ukraine et en Iran, ainsi qu’une multitude d’autres thématiques.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler -
Bling bling« Ces images sont une erreur » : au RN, le malaise Bardella après le Grand Prix de Monaco
Des images de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, circulant pendant la marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, ainsi que sa réponse sur BFM – « des marches blanches, il y en a tous les jours » – inquiètent en interne. Certains craignent de voir le dauphin de Marine Le Pen s'éloigner de son image populaire pour basculer dans le « bling-bling »