La commission de premier tirage s’est répandue dans les crédits syndiqués
La menace d’un accès plus difficile au crédit en 2012 a favorisé en Europe le refinancement par anticipation des crédits syndiqués au cours de l’automne. En France, le segment des crédits revolving a ainsi atteint 7,5 milliards d’euros en novembre, selon les statistiques de Dealogic. On remarque l’apparition d’une commission de premier tirage («first draw fee») dans trois opérations de refinancements bouclées le mois dernier par LVMH, Air Liquide et Carrefour. Dans ces deux derniers cas, il est prévu que l’émetteur s’engage à payer «une commission de tirage de 15 pb s’il utilise au maximum 33% de la ligne mise à disposition, de 30 pb jusqu’au deux tiers et de 50 pb au-delà». L’instauration de cette commission constitue une rupture par rapport aux pratiques en vigueur durant les six dernières années.
«En dehors de la commission d’engagement, il était d’usage jusqu’à l’été dernier en Europe, de ne pas ajouter de commission spécifique pour l’utilisation partielle et ponctuelle d’une ligne de crédit revolving ‘back-up’, lorsque ce tirage n’excédait pas un tiers du montant total mis à la disposition de l’entreprise», commente Damien Lamoril, responsable de la syndication crédits pour l’Europe chez SG CIB. Les banques jugeaient qu’elles pouvaient compenser ce surcoût par les revenus provenant du «side business», c’est-à-dire des autres opérations que l’entreprise était susceptible de lui confier (cash management, émissions obligataires, financement d’acquisitions…).
Mais depuis le renforcement des tensions sur les marchés des dettes souveraines en Europe à l’été dernier, les banques françaises, qui ont fait l’objet d’une défiance particulière, ont été les premières à répercuter la hausse de leur coût de financement dans la structure de prix des crédits syndiqués. «Cette pratique touche depuis lors une grande partie des opérations de ce type mises en place par les grandes banques internationales dans toute l’Europe», relève Damien Lamoril.
Selon d’autres sources bancaires, l’instauration de cette commission de premier tirage est surtout un moyen de contourner le niveau encore trop bas des spreads applicables à des crédits totalement tirés et il serait donc plus efficace d’appliquer une marge bancaire davantage conforme aux coûts réels supportés par l’établissement de crédit pour financer ce type d’opérations.
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