La Chine fait un effort supplémentaire pour ses marchés financiers
Le nouveau gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBoC), Yi Gang, a profité du Forum de Boao considéré comme le «Davos asiatique» pour annoncer ce matin une série de mesures en faveur de l’ouverture des marchés chinois. Le quota des échanges boursiers quotidiens autorisés entre les places de Shanghai et de Hong Kong dans le cadre du programme Stock Connect sera quadruplé à partir du début du mois de mai pour atteindre 52 milliards de yuans, soit environ 6,7 milliards d’euros. La Chine prévoit en outre de lancer d’ici à la fin de l’année un nouveau programme reliant les marchés chinois à la Bourse de Londres. Des mesures d’assouplissement des restrictions actuelles pesant sur les investissements étrangers dans les sociétés chinoises cotées seront également annoncées avant la fin du mois de juin prochain.
Yi Gang a également donné des gages sur la libéralisation des taux de dépôts et de prêts dans le pays, ainsi que sur le mécanisme du taux de change du renminbi guidé par le jeu de l’offre et de la demande des investisseurs. Ces mesures, jugées comme étant progressives et prudentes par Yi Gang lui-même, devront néanmoins être réalisées dans un cadre de réglementation plus restrictif pour les banques chinoises et dans le maintien d’une politique monétaire neutre et prudente et avec l’objectif d’arriver à une structure d’endettement plus équilibrée, afin de préserver la stabilité financière dans le pays. La PBoC a ainsi décidé aujourd’hui, pour le deuxième jour consécutif, de ne pas procéder à ses opérations d’open market, et ainsi retiré 20 milliards de yuans dans le système pour absorber les liquidités excédentaires sur le marché.
Le contexte de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine explique certainement le moment choisi par Pékin pour annoncer ces mesures. Yi Gang a rappelé à Washington que le déficit bilatéral de la Chine avec les Etats-Unis se creusait dans le secteur des services, et que la situation du déficit extérieur américain est liée à la baisse du taux d'épargne dans le pays, et est donc de nature structurelle. Hier, dans un geste d’apaisement des tensions, la Chine a déjà annoncé qu’elle comptait baisser prochainement ses droits de douane dans le secteur automobile.
Plus d'articles du même thème
-
La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Donald Trump se rend en Chine durant deux jours pour rencontrer Xi Jinping. C’est un moment clé pour apaiser les tensions commerciales ou géopolitiques mondiales. Mais il est difficile d’en imaginer l’issue tant le rapport de force entre les deux pays s’est rééquilibré depuis la guerre tarifaire et le conflit en Iran. -
L’inflation remonte en Chine en lien avec la hausse des prix de l'énergie
Le prix des produits énergétiques et les perturbations des approvisionnements poussent à l’augmentation du coût de la vie, sauf pour les produits alimentaires dont les prix reculent. -
L’automobile chinoise veut asseoir sa prééminence technologique
Xpeng prépare le lancement de sa première voiture volante et de ses robots humanoïdes, tandis que Huawei investit pour améliorer son système de conduite autonome.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Quand Emmanuel Grégoire donne raison à #SaccageParis
Le successeur d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a choisi de ne pas nommer d'adjoint au Patrimoine, lui préférant le « design et à l’esthétique » en décrétant un « droit au beau » dans tous les quartiers -
Ca débordeMaroc : un risque croissant d’inondation
Avec le réchauffement climatique, le Maroc risque d’être de plus en plus confronté à une alternance de sécheresses extrêmes et d’épisodes de fortes pluies -
Troisième acteVotre bilan retraite est-il encore à jour ? Pourquoi 2026 est l'année pour le refaire
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle