La CDC subit les conséquences de la chute des marchés en 2011

La mise en juste valeur des participations cotées de la Caisse lui coûtera plusieurs centaines de millions d’euros. Autant de moins pour l’Etat
Antoine Landrot

Etablissement public, la Caisse des dépôts (CDC) n’en est pas moins victime de la crise des marchés financiers. Présent à l’université d’été du Medef, Augustin de Romanet, son directeur général, a déclaré vendredi au micro de BFM que ses bénéfices 2011 seraient en recul par rapport à 2010. La Caisse affichait un résultat de 2,15 milliards d’euros, en progression de plus de 8% par rapport à l’année précédente.

«Grâce aux sublimes normes IFRS qui nous obligent à marquer au marché un certain nombre de nos participations, la forte baisse de certains titres va nous obliger à passer des provisions», a-t-il ironisé. Mais, s’est empressé d’ajouter le dirigeant, la CDC affichera néanmoins «toujours un fort bénéfice, toutes nos filiales étant dans le vert».

La CDC, qui n’a pas souhaité commenter les propos de son patron, est en effet un actionnaire de poids dans les sociétés du CAC 40. Or, l’indice parisien a reculé de près de 18% depuis le début de l’année. La Caisse détient notamment 9,5% de Veolia (dont le titre a perdu plus de 49% depuis janvier), 4,2% de Schneider (-60%), 2,25% de la Société Générale (-45%) ou encore 2% de Suez Environnement (-28%). L’une des rares exceptions est Alcatel-Lucent, qui s’est adjugé 17%. La Caisse est également présente au capital de nombreuses autres sociétés cotées hors CAC 40. Dexia (-41% alors qu’elle détient 17% de la banque), CNP ou Icade, sont en revanche classées comme des «filiales et participations stratégiques», et enregistrées en coût amorti. Le portefeuille actions représentait 12,5% de l’actif de la CDC.

Les dépréciations à la juste valeur devraient atteindre «plusieurs centaines de millions d’euros». En outre, la CDC devrait logiquement remonter bien moins de dividendes du Fonds stratégique d’investissement (FSI), qu’elle contrôle à 51% et auquel elle a transféré certaines participations (comme ses 20% dans Eiffage). Ces éléments affecteront donc le dividende reversé à l’Etat, dont la règle a été modifiée: à compter de l’exercice 2011, l’Etat percevra chaque année 50% du résultat net, plafonné à 75% du résultat social. Jusqu’en 2010, l’institution versait 33% de son bénéfice.

Il faudra compter également avec la crise de la dette souveraine: au 31 décembre 2010, l’exposition nette de la section générale de la CDC atteignait 206 millions d’euros aux emprunts grecs, 710 millions à l’Irlande, 2 milliards à l’Italie et… 5,36 milliards à la dette espagnole.

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