La CDC subit les conséquences de la chute des marchés en 2011
Etablissement public, la Caisse des dépôts (CDC) n’en est pas moins victime de la crise des marchés financiers. Présent à l’université d’été du Medef, Augustin de Romanet, son directeur général, a déclaré vendredi au micro de BFM que ses bénéfices 2011 seraient en recul par rapport à 2010. La Caisse affichait un résultat de 2,15 milliards d’euros, en progression de plus de 8% par rapport à l’année précédente.
«Grâce aux sublimes normes IFRS qui nous obligent à marquer au marché un certain nombre de nos participations, la forte baisse de certains titres va nous obliger à passer des provisions», a-t-il ironisé. Mais, s’est empressé d’ajouter le dirigeant, la CDC affichera néanmoins «toujours un fort bénéfice, toutes nos filiales étant dans le vert».
La CDC, qui n’a pas souhaité commenter les propos de son patron, est en effet un actionnaire de poids dans les sociétés du CAC 40. Or, l’indice parisien a reculé de près de 18% depuis le début de l’année. La Caisse détient notamment 9,5% de Veolia (dont le titre a perdu plus de 49% depuis janvier), 4,2% de Schneider (-60%), 2,25% de la Société Générale (-45%) ou encore 2% de Suez Environnement (-28%). L’une des rares exceptions est Alcatel-Lucent, qui s’est adjugé 17%. La Caisse est également présente au capital de nombreuses autres sociétés cotées hors CAC 40. Dexia (-41% alors qu’elle détient 17% de la banque), CNP ou Icade, sont en revanche classées comme des «filiales et participations stratégiques», et enregistrées en coût amorti. Le portefeuille actions représentait 12,5% de l’actif de la CDC.
Les dépréciations à la juste valeur devraient atteindre «plusieurs centaines de millions d’euros». En outre, la CDC devrait logiquement remonter bien moins de dividendes du Fonds stratégique d’investissement (FSI), qu’elle contrôle à 51% et auquel elle a transféré certaines participations (comme ses 20% dans Eiffage). Ces éléments affecteront donc le dividende reversé à l’Etat, dont la règle a été modifiée: à compter de l’exercice 2011, l’Etat percevra chaque année 50% du résultat net, plafonné à 75% du résultat social. Jusqu’en 2010, l’institution versait 33% de son bénéfice.
Il faudra compter également avec la crise de la dette souveraine: au 31 décembre 2010, l’exposition nette de la section générale de la CDC atteignait 206 millions d’euros aux emprunts grecs, 710 millions à l’Irlande, 2 milliards à l’Italie et… 5,36 milliards à la dette espagnole.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre