La Caisse des dépôts sélectionne les gérants de son fonds viager
Le fonds viager de la Caisse des dépôts et consignations va bientôt prendre forme. L’institution de la rue de Lille a lancé récemment un appel d’offres pour sélectionner le gestionnaire de ce futur véhicule dont la taille doit atteindre 100 millions d’euros et dont le projet avait été officialisé cet automne. La date de remise des copies est prévue le 21 février, a appris L’Agefi de plusieurs sources proches du dossier.
Poussé par le député Henri Emmanuelli, le président de la commission de surveillance de la CDC, ce fonds viager doit permettre d’apporter un complément de revenus aux retraités propriétaires de leur logement. Les biens seront vendus au décès de l’occupant. Par rapport au viager traditionnel conclu entre particuliers, la mutualisation des logements a l’avantage d’éviter la «spéculation» sur l’espérance de vie du vendeur et de gommer pour l’investisseur le risque de longévité. Ce marché a d’ailleurs suscité ces dernières années les créations de sociétés ou de fonds spécialisés à destination des investisseurs institutionnels, comme Coremimmo ou Fundageo.
La nouveauté du produit explique que la Caisse des dépôts ait transmis un cahier des charges particulièrement exigeant, d’une quarantaine de pages. L’heureux élu devra apporter sa connaissance du marché du viager et sa capacité à gérer des biens, tout en ayant un agrément de société de gestion pour ce type de fonds. Il doit également être membre de l’Association française de gestion financière (AFG) ou de l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim).
Des tandems associant spécialistes du viager et sociétés de gestion devraient donc être constitués. Virage Viager, le cabinet d’Eric Guillaume – créateur du fonds Coremimmo – devrait ainsi déposer un dossier en s’appuyant sur un asset manager. La Française, Paref ou Primonial seraient également intéressés, de même que le groupe Gérard Auffray, un vieux routier de l'épargne.
Côté investisseurs, la CDC aurait déjà réuni 80 millions sur les 100 millions visé par le fonds. L’institution apporterait 20 millions, tout comme CNP. Une poignée de mutuelles et d’institutions de prévoyance, à l’image d’Agrica, compléteraient le tour de table.
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