La BCE balaie les craintes d’un ralentissement anticipé de ses rachats d’actifs
La Banque centrale européenne (BCE) garantit le maintien de sa politique accommodante. L’autorité a ainsi décidé de maintenir son arsenal monétaire au moins jusqu’à la fin d’année à la réunion de son Conseil des gouverneurs. Son gouverneur Mario Draghi a expliqué hier que si le niveau global d’inflation devrait encore augmenter sous l’effet des prix de l'énergie, il n’y a toujours aucun signe de hausse de l’inflation sous-jacente. Cette dernière ne devrait converger que progressivement vers son objectif, notamment du fait des faibles pressions sur les salaires en zone euro. Mario Draghi a ajouté qu’un ajustement de politique monétaire ne peut être envisagé que si l’inflation converge vers 2% d’une manière durable et non transitoire, auto-entretenue au sein de l’ensemble de la zone euro, et qui résiste à la levée des mesures ultra-accommodantes.
Or, Pictet estime que «de telles conditions ne pourront pas être réunies avant fin 2017 ou début 2018, même si la poursuite de l’amélioration de la situation économique en zone euro au premier semestre pourrait conduire la BCE à annoncer un tapering en septembre pour une mise en place effective avant juin 2018». D’autant que Mario Draghi a balayé à nouveau toute difficulté à trouver des titres éligibles au programme de rachats de la BCE, notamment grâce à la possibilité ouverte à sa réunion de décembre d’inclure les titres dont les rendements sont inférieurs au taux de dépôt, de -0,4%. L’agenda politique chargé faisant peser un risque sur la stabilité de la zone euro jusqu’au printemps a certainement joué, d’autant que Mario Draghi a encore déploré la lenteur du rythme des réformes structurelles.
«Le maintien des perspectives, de sa perception des risques et un tapering qui n’a toujours pas été évoqué amène les marchés à estimer que la BCE a été bien accommodante que ce qu’elle aurait pu être. Ceci a permis de faire réapparaître les risques baissiers sur l’euro, en amont de la prise officielle de pouvoir de Donald Trump et des discours de trois membres du FOMC, dont Janet Yellen», estime Citigroup. L’euro est revenu hier à 1,06 face au dollar, mais reste en hausse de 2,7% depuis son point bas de 1,03 atteint début janvier. Si la société de gestion Algebris estime que la hausse du dollar bénéficie surtout aux exportations et à l’inflation allemande qui pourrait dépasser les 2% d’ici fin 2017, Mario Draghi a balayé hier toute pression en indiquant que la BCE fonde sa politique sur la zone euro dans son ensemble.
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