La Banque des règlements internationaux milite pour une reprise durable
La riposte des pouvoirs publics à la pandémie de Covid-19 a entraîné un rebond économique plus rapide que prévu, mais l’hétérogénéité de la reprise, entre pays et entre secteurs, crée des défis de taille pour les responsables politiques, souligne la Banque des Règlements Internationaux (BRI) dans son Rapport économique annuel 2021. Cette sortie de crise en ordre dispersé - bien que «plus rapide et plus forte que prévu» note Agustín Carstens, directeur général de la BRI - pourrait notamment causer des difficultés aux économies émergentes (EME) en raison d’un durcissement des conditions financières.
Durant l’année à venir, des questions comme les faillites d’entreprises et le redéploiement des capitaux et de la main-d’œuvre occuperont le devant de la scène. Le Rapport présente un scénario central de reprise, marqué par une hausse temporaire de l’inflation, ainsi que deux scénarios moins favorables : dans l’un d’eux, l’ampleur de la relance budgétaire et l’utilisation de l’épargne accumulée pendant la crise se traduiraient par une croissance plus solide, mais aussi par une augmentation de l’inflation et un durcissement prononcé des conditions financières mondiales ; dans l’autre, la croissance décevrait, le virus s’avérant plus difficile à maîtriser. A court terme, un soutien public flexible reste donc essentiel au maintien de la reprise, indique le rapport qui évoque également tous les sujets liés à l’inflation (déficits budgétaires, attentes du marché, effets pour les pays émergents, prix des logements et risques associés, etc.).
«A plus long terme, les politiques monétaires et budgétaires devront retrouver des marges de sécurité indispensables pour faire face à des événements imprévus comme la crise sanitaire, ou à de futures récessions, et assurer une reprise durable afin de traiter les conséquences persistantes», a souligné Agustín Carstens, évoquant le nécessaire redéploiement des ressources face aux évolutions de la demande entraînées par la pandémie. Une augmentation de la croissance potentielle est essentielle, mais ne sera possible, dans une logique durable qui prévaut désormais, qu’au travers de réformes structurelles vigoureuses, et aussi compliquées.
La pandémie a amplifié les inégalités de revenu et de richesse, et l’un des chapitres est dédié à l’analyse des causes structurelles de cette évolution exacerbée par la pandémie : mondialisation, technologies, politique monétaire… «Les tendances à long terme que suivent les inégalités sont attribuables à des forces structurelles qui sont hors de portée de la politique monétaire. Cela ne signifie cependant pas que la politique monétaire n’a aucun rôle à jouer. Une inflation élevée et une instabilité économique et financière amplifient les inégalités, et les banques centrales ont précisément pour mandat de combattre une telle instabilité», estime Claudio Borio, chef du Département monétaire et économique. Le rapport ajoute que le caractère évolutif du cycle économique et la fréquence accrue des récessions financières rendent cette tâche plus difficile, ce qui accroît le rôle des politiques budgétaires et prudentielles en complément pour stabiliser l’économie.
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