La Banque d’Angleterre limite sa hausse de taux à 50 points de base
La Banque d’Angleterre (BoE) a comme prévu réduit le rythme de ses hausses de taux lors de sa dernière réunion de politique monétaire, à l’instar de la Fed la veille. La banque centrale britannique a relevé son taux directeur de 50 points de base (pb) à 3,5% jeudi. Il s’agit de sa neuvième hausse de taux consécutive alors qu’elle tente d’accélérer le retour de l’inflation à son objectif après que la hausse des prix a atteint un sommet de 41 ans en octobre (11,1%). La publication d’une inflation en baisse et inférieure aux attentes en novembre (+10,7%) avait conforté les attentes du marché d’une hausse des taux plus faible que les 75 pb des dernières réunions.
Dans le même temps, la BOE a indiqué que son bilan avait déjà diminué de plus de 50 milliards de livres. Le stock de dette détenu au 14 décembre était de 844 milliards, dont 831 milliards d’obligations du gouvernement britannique (Gilts) et 13,6 milliards d’obligations d’entreprises non financières investment grade. «Au quatrième trimestre 2022, la banque avait réalisé un total de 6 milliards de livres sterling de ventes de gilts via huit enchères. Combiné aux obligations arrivant à échéance, cela a entraîné une réduction de l’encours de 7 milliards de livres sterling au quatrième trimestre 2022 et de 44 milliards de livres sterling sur l’ensemble de 2022», a précisé la BoE. Le stock d’obligations d’entreprises a été réduit d’un total de 6,4 milliards, dont 4,2 milliards via les ventes aux enchères. La BoE s’est engagée à vendre l’ensemble des titres corporate d’ici à fin 2023 et précise qu’au rythme actuel cela pourrait être avant.
Inflation à son pic ?
La banque prévient néanmoins que «de nouvelles augmentations du taux d’escompte» pourraient être nécessaires pour faire face à ce qu’elle craint être des pressions inflationnistes intérieures persistantes dues aux prix et aux salaires. «Le marché du travail reste tendu et il y a eu des preuves de pressions inflationnistes sur les prix et les salaires intérieurs qui pourraient indiquer une plus grande persistance et justifier ainsi une nouvelle réponse énergique de la politique monétaire», a indiqué la BoE, rompant avec la déclaration de novembre qui affirmait que les taux n’auraient probablement pas besoin d’augmenter aussi loin que les marchés l’avaient prévu.
Le gouverneur de la banque, Andrew Bailey, dans une lettre au ministre des Finances Jeremy Hunt accompagnant la décision, a toutefois déclaré que les prévisions de la BoE suggéraient que l’inflation britannique avait atteint son apogée. Par ailleurs, les décisions budgétaires prises en novembre signifient que l’inflation au deuxième trimestre de l’année prochaine serait inférieure de 0,75 point de pourcentage aux prévisions de la BoE, mais l’impact à plus long terme sera minime, a déclaré la BoE. Concernant la croissance, la BoE, qui a affirmé en novembre s’attendre à une récession longue, a revu en hausse ses prévisions avec désormais une baisse limitée du PIB de 0,1% (contre 0,3% auparavant) au dernier trimestre 2022 et un PIB dans un an supérieur de 0,4% à ses anticipations précédentes en raison du stimulus budgétaire à court terme.
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