Le Royaume-Uni durcit la pression fiscale
Le nouveau chancelier de l’Echiquier Jeremy Hunt a présenté jeudi le nouveau plan budgétaire britannique qui renforce les hausses d’impôts, dans un mouvement inverse à celui présenté fin septembre par son prédécesseur, Kwasi Kwarteng, et l’ex-Première ministre Liz Truss.
Au total, l’ensemble des hausses d’impôts et des baisses de dépenses se montera à 55 milliards de livres sterling. Le déficit public prévu passera à 5,5% du PIB en 2023-2024, puis diminuera jusqu’à 2,4% en 2027-2028.
Taxes sur les superprofits
Le ministre britannique des Finances a annoncé que le gouvernement allait augmenter la taxe sur les bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières et gazières, de 25% à 35% à partir du 1er janvier, et l’étendre aux producteurs d’électricité, sur les profits desquels elle atteindra de 40% à 45%, afin de renflouer les finances publiques. Ce prélèvement obligatoire sera en outre prolongé jusqu’en mars 2028, soit trois ans de plus que prévu initialement. Cet ensemble de mesures devrait rapporter 14 milliards de livres sterling rien que sur l’année prochaine.
Jeremy Hunt a par ailleurs annoncé un gel des seuils d’imposition sur le revenu, ce qui signifie que des millions de personnes paieront plus d’impôts afin que ce plan aide à reconstruire l’économie britannique et à réduire la dette de l’Etat. Le niveau à partir duquel les plus hauts revenus commenceront à payer le taux d’imposition le plus élevé (45%) sera abaissé de 150.000 à 125.140 livres sterling. Il a aussi dévoilé la suppression d’un certain nombre de niches fiscales. Les véhicules électriques ne seront plus exonérés de droits d’accise à partir d’avril 2025 pour rendre le système «plus juste».
Les médias britanniques ont relevé que ce serait le fardeau fiscal le plus élevé depuis au moins 70 ans, les impôts devant augmenter d’un peu plus de 1% du revenu national au cours des cinq prochaines années.
Baisse du PIB
Du côté des dépenses, le soutien aux factures d’énergie devrait rester en place - mais devenir moins généreux à partir d’avril 2023. Le gouvernement proposera aussi une augmentation du salaire minimum (National Living Wage) au-dessus des 9,50 livres/heure actuelles pour les plus de 23 ans. Jeremy Hunt devrait également annoncer une augmentation de 10% des pensions publiques, ainsi que des prestations et des crédits d’impôt conformément au chiffre d’inflation de septembre. Pour soutenir le marché de l’emploi, il demandera à plus de 600.000 personnes supplémentaires bénéficiant du crédit universel de rencontrer un coach pour augmenter leurs heures de travail ou leurs revenus. Le bilan du gouvernement sur l’âge de la retraite sera également publié début 2023, ajoute-t-il.
Le ministre des Finances a par ailleurs reconnu que l’économie britannique connaîtra une vraie récession avec -1,4% de croissance en 2023 (au lieu de +1,8% anticipé précédemment), avant un rebond possible de +1,3% en 2024 (au lieu de +2,1%) selon les estimations de l’Office for Budget Responsibility (OBR), puis de 2,6% en 2025. Le 3 novembre, la Banque d’Angleterre (BOE) avait plutôt parlé de deux années de récession modérée.
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