La balance française des paiements envoie des notes d’espoir
Le solde des échanges de services atteint un niveau exceptionnel grâce au transport maritime.
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Fabrice Anselmi
La Banque de France a publié hier lundi 27 juin 2022 son rapport annuel sur la balance des paiements et la position extérieure de la France.
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Avec la normalisation progressive de l’économie, la balance française des paiements est apparue rassurante en 2021 selon le rapport de la Banque de France. Le déficit commercial est encore ressorti à 31 milliards d’euros, mais, pour la deuxième fois en quinze ans, le solde des transactions courantes (hors énergie) affiche un excédent de 9 milliards, après un déficit de 41,5 milliards en 2020. Le déficit des échanges de biens continue à se creuser (-67,4 milliards), mais principalement à cause de l’énergie (-43,1 milliards) et des produits de base (métallurgie, plastique, bois-papier, caoutchouc), alors que l’aéronautique se redresse.
L’excédent des échanges de services progresse de 18,7 à 36,4 milliards en 2021, essentiellement grâce au fret maritime avec CMA CGM (+21 milliards). Le tourisme s’est repris au second semestre. Le solde des autres services évolue peu (14,9 milliards), avec un déficit de près de 4 milliards à cause de gros contrats signés avec des compagnies d’assurance non résidentes, et des améliorations pour les services techniques aux entreprises (+8,7 milliards). La Chine reste le premier déficit commercial de la France (-22 milliards).
Le solde des revenus d’investissements s’établit à 54,5 milliards (après 15,9 milliards), grâce aux revenus d’investissements directs (59,5 milliards) et à une forte croissance des profits liés aux investissements à l’étranger. Le surplus des transactions courantes se traduit par des sorties nettes de capitaux de 3 milliards d’euros. Les investissements directs à l’étranger (IDE) enregistrent quand même des entrées nettes de capitaux de 9,7 milliards (après des sorties nettes de 5,5 milliards en 2020). Les investissements de portefeuille affichent un financement net de la France par les non-résidents de 5,3 milliards. Les opérations internationales de prêts-emprunts des banques (+22,6 milliards) et sur des dérivés (-17,8) rapportent aussi 4,8 milliards. La hausse des avoirs de réserve s’explique essentiellement par l’allocation exceptionnelle de droits de tirage spéciaux en août (23,1 milliards).
La position extérieure nette de la France se creuse de 92,5 milliards principalement sous l’effet de mécanismes de valorisation et ressort à -801,9 milliards ou -32,3% du PIB, malgré la dépréciation avantageuse de l’euro, mais avec une surestimation de l’endettement extérieur net à cause de la méthode de valorisation des IDE, précise la Banque de France. Elle rappelle la nécessité d’améliorer la compétitivité de la France.
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