JPMorgan se détourne à son tour du capital-investissement
JPMorgan commence à couper les liens avec son activité de capital-investissement. La banque américaine a annoncé lundi soir que Lexington Partners et AlpInvest Partners –deux acteurs du marché secondaire– avaient acquis près de 50% de son portefeuille de participations logé dans One Equity Partners, sa filiale captive de private equity. En outre, celle-ci prendra son indépendance sous le nom d’OEP Capital Advisors; mais elle continuera à gérer l’ensemble des portefeuilles.
Les termes précis de l’accord n’ont pas été communiqués. Selon le Wall Street Journal, la valeur du portefeuille cédé serait d’environ 2 milliards de dollars. L’ensemble du portefeuille de One Equity Partners représente entre 4 et 4,5 milliards de dollars, selon les estimations, pour une trentaine de participations.
Ce procédé –qui voit l’équipe de gestion prendre son indépendance afin de poursuivre la gestion du portefeuille vendu– est classique. En France, Natixis a procédé de la sorte lorsqu’il a vendu une partie de ses intérêts dans le capital-investissement à Axa PE (aujourd’hui Ardian) en 2010. Lexington et AlpInvest devraient également participer à la prochaine levée de fonds d’OEP Capital Advisors.
JPMorgan était l’une des dernières grandes banques américaines à exercer une activité de private equity. En 2010 et 2011, Bank of America etCitigroup s’étaient délestés de leurs portefeuilles. Même si JPMorgan le nie, les nouvelles règles prudentielles ont pu jouer un rôle dans sa décision. Ainsi, la règle Volker, dans la loi Dodd-Franck, interdit quasiment aux établissements de mener des activités d’investissement en capital pour compte-propre. En outre, les exigences croissantes de solvabilité exprimées par les régulateurs encouragent les banques à une utilisation parcimonieuse et la plus optimale possible de leur capital. Enfin, les revenus tirés de l’activité de capital-investissement sont erratiques d’une année sur l’autre, en fonction des acquisitions et des cessions, difficiles à anticiper. JPMorgan a tiré 36 millions de dollars de revenus et 7 millions de bénéfices au deuxième trimestre 2014, contre respectivement 410 et 212 millions un an plus tôt.
En juillet 2013, JPMorgan avait annoncé qu’il avait prévu de se séparer de One Equity Partners, qui n’était plus considérée comme une activité prioritaire. Le mois dernier, il a vendu 1,3 milliard de dollars d’actifs financiers (titres et prêts) à Sankaty Advisors, une filiale de Bain Capital.
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