JC Flowers en bonne voie pour acquérir CEP auprès de PAI Partners

La Compagnie européenne de prévoyance représenterait le premier investissement français du fonds américain, spécialisé dans le secteur financier
Antoine Landrot

PAI Partners est en bonne voie dans la cession de la Compagnie européenne de prévoyance (CEP), dont il détient environ les deux tiers du capital. La firme de private equity a sélectionné JC Flowers, la société d’investissement du milliardaire américain J. Christopher Flowers, pour entamer les ultimes tractations devant mener à la cession du courtier en assurances, qui devrait être signée avant vendredi. L’information révélée par Les Echos hier a été confirmée à L’Agefi par une source proche.

Le tandem Apax/Brigepoint, qui n’a pas souhaité s’exprimer, et le britannique Anacap n’ont pas été retenus, alors qu’ils s’étaient qualifiés pour le second tour de négociations. PAI Partners demandait au moins 800 millions d’euros (pour une société qui réaliserait 100 millions d’euros de résultat d’exploitation, Ebitda), tandis que certaines estimations valorisaient l’actif à près d’un milliard.

Si l’opération se concluait, elle serait le premier investissement de JC Flowers en France. Mais sa sélection n’est finalement pas étonnante. L’investisseur américain est en effet spécialisé dans le secteur financier, sans se limiter à une géographie particulière. Il est ainsi déjà actionnaire de la japonaise Shinsei Bank et de l’établissement allemand de crédit immobilier Hypo Real Estate.

La crise financière a rendu JC Flowers particulièrement attentif aux opportunités de marché et les observateurs lui ont prêté de nombreuses intentions. Il est cité parmi les postulants à OneMain Financial, la filiale de prêts à la consommation de Citigroup aux Etats-Unis. Fin octobre 2010, la presse britannique lui prêtait l’intention de soumettre des offres de rachat à quatre mutuelles britanniques de crédit immobilier (West Bromwich, Skipton, Principality et Norwich & Peterborough, qui avait démenti dès le lendemain), dans le cadre de son projet de création d’une «supermutuelle» partiellement cotée en Bourse, sur le modèle du Crédit Agricole.

Le processus de vente de CEP est orchestré par Rothschild & Cie et le financement arrangé par Nomura. L’opération était particulière dans la sélection du conseil en fusions-acquisitions. La nature de l’activité de CEP avait incité les dirigeants fondateurs à demander qu’aucun groupe bancaire client du courtier ne soit retenu –excluant de fait les intermédiaires français comme la Société Générale, BNP Paribas ou le Crédit Agricole.

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