Iglo se présente à son tour sur le marché européen du financement «cov-lite»

Le fabricant de produits surgelés, détenu par Permira, veut lever des fonds en euros et en sterling. Il poursuit un plan de développement ambitieux
Antoine Duroyon

Iglo marche sur les traces de Ceva Santé Animale. Alors que le laboratoire vétérinaire a levé en mars dernier le premier emprunt «cov-lite» entièrement libellé en euros, pour un montant de 818 millions d’euros, le premier fabricant européen de surgelés a lancé à son tour un emprunt «cov-lite» et un refinancement obligataire, libellés cette fois en euros et en sterling.

L’opération, pilotée par Deutsche Bank, Credit Suisse et Nomura, doit être présentée aujourd’hui aux investisseurs, ont rapporté hier Bloomberg et Reuters de sources bancaires. Les réponses sont attendues jusqu’au 2 juin.

Elle inclut 1,1 milliard d’euros de prêts à terme à six ans ; l’un en euros payant 450 points de base (pb) au-dessus de l’Euribor et un autre en sterling payant 500 pb. Cela se compare à des marges actuelles de 475 pb pour la partie euros et de 537,5 pb pour la partie sterling. La transaction comprend également un crédit revolving à cinq ans de 80 millions d’euros, avec une marge indicative de 425 pb. Le volet obligataire porte sur un maximum de 750 millions d’euros d’obligations à haut rendement.

Acquis par Permira en 2006 pour 1,8 milliard d’euros, Iglo a dégagé l’an dernier un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 306,6 millions d’euros, en recul de 12,5% comparé à 2012. Un exercice 2013 décevant marqué par un recul de 2,8% des ventes. Le scénario d’une cession n’ayant pas abouti faute d’accord sur le prix, le groupe veut se focaliser sur sa croissance et doubler son chiffre d’affaires à plus de 3 milliards d’euros d’ici à 2020.

Grâce à cet appel aux investisseurs, le groupe détenu par Permira entend retrouver une certaine flexibilité financière dans la perspective d’une éventuelle introduction en Bourse. Connue sous le nom de Birds Eye au Royaume-Uni et en Irlande et de Findus en Italie et en France, la société affichait à fin 2013 une dette nette de 1,51 milliard d’euros, date à laquelle elle a renégocié ses covenants après un premier refinancement en 2012, soit un ratio dette nette/Ebitda de 5 fois. «Nous sommes en position d'être un agrégateur», commentait en novembre dernier le nouveau PDG du groupe Elio Leoni (ex-EMI), interrogé sur d'éventuelles opportunités de croissance externe.

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