Humanis et Malakoff Médéric ont détourné des données Agirc-Arrco
En pleine fusion, Malakoff Médéric et Humanis se seraient bien passés d’un casse-tête juridique de plus. Les deux groupes, qui veulent former le 1er janvier le numéro un français de la prévoyance, font l’objet d’une mise en demeure de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Le régulateur a annoncé hier leur avoir intimé de «cesser d’utiliser pour de la prospection commerciale des données personnelles collectées exclusivement afin de payer des allocations retraite» aux cotisants de l’Agirc-Arrco, le régime complémentaire des salariés du privé. Les deux groupes ont un mois pour corriger le tir, avant une éventuelle sanction. Un coup dur, sachant qu’ils attendent courant novembre la décision de l’ACPR, le régulateur du secteur financier, concernant leur fusion.
«Nous allons répondre dans le délai d’un mois et nous avons cessé toutes nos opérations commerciales. Elles concernaient des salariés couverts chez nous en retraite et en santé collective, pour répondre à leurs besoins au moment de leur départ à la retraite», déclare à L’Agefi une porte-parole d’Humanis. «Nous prenons acte de cette mise en demeure et prendrons toutes les mesures nécessaires», assure de son côté Malakoff Médéric.
L’Agirc-Arrco rappelle que les données personnelles sont, pour elle, «un point de vigilance important». L’organisme paritaire et la Cnil ne précisent pas si d’autres prestataires sont visés. Mais les présidents de l’Agirc-Arrco ont adressé le 29 août dernier une lettre aux présidents des groupes de protection sociale pour leur rappeler leurs obligations, pointe la Cnil dans ses décisions sur Malakoff Médéric et Humanis. L’utilisation des coordonnées téléphoniques et postales issues de «l’usine retraite», dont les deux groupes paritaires sont des «sous-traitants», constitue un manquement à la loi informatique et libertés de 1978, explique encore le régulateur.
Lors de contrôles en février et mars derniers, deux mois avant l’entrée en vigueur du RGPD, la Cnil a constaté que des sociétés des deux groupes ont utilisé «les données personnelles qu’elles détiennent dans le cadre de leur mission d’intérêt général de mise en œuvre des régimes de retraite complémentaire [Agirc-Arrco] afin de faire de la prospection commerciale pour [leurs] produits et services». «Cet usage a concerné plusieurs centaines de milliers de personnes». Les campagnes portaient sur des garanties obsèques, hospitalisation ou accidents.
Plus d'articles du même thème
-
L’acculturation aux risques est nécessaire pour préserver l’assurabilité des communes
En réaction à la publication de la cartographie de vulnérabilité des communes françaises par Reclaim Finance et Data for Good le 1er juillet dernier, France Assureurs a tenu à rappeler les initiatives engagées par la profession depuis un an et appelle à une stratégie nationale d’acculturation aux risques. -
L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lance une consultation sur les implications opérationnelles du règlement IA pour les banques et compagnies d’assurance. La notion nouvelle d’éthique algorithmique, introduisant de nouvelles dimensions de non-discrimination des personnes physiques, remet en cause certaines pratiques du secteur. -
Le fonds de pension belge OFP Prolocus lance la sélection du gestionnaire et du dépositaire de sa future Sicav
La caisse de retraite complémentaire des pouvoirs locaux flamands recherche, en une seule procédure, le gestionnaire et le dépositaire du support de placement qu'elle va créer.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
TribunePas de souveraineté sans progrès partagé – par Stéphane Israël
Face à l’essor de l’intelligence artificielle et du numérique, la France doit choisir entre un isolement illusoire et une souveraineté fondée sur un progrès partagé et contrôlé au cœur de l’Europe -
Décrue« Les supertankers sont pleins à ras bord » : pourquoi les cours du brut rechutent
Contre toute attente, les cours du Brent ont déjà effacé la « prime de guerre » déclenchée par les premiers bombardements de l'Iran fin février, alors même que les tensions géopolitiques restent vives et que le détroit d’Ormuz demeure sous surveillance. -
Tourisme : la France, toujours pas la destination préférée des Français !
Le conflit au Moyen-Orient a enrayé la dynamique des réservations chez les voyagistes. La période estivale s'annonce moins lucrative et plus européenne