Hausse spectaculaire des prix du riz : vers une crise alimentaire mondiale ?
Le riz, aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale, est la céréale la plus consommée devant le blé et le maïs. Environ 90% de sa production et de sa consommation se situent en Asie, avec la Chine et l’Inde cumulant à elles seules 50% de la production mondiale. Contrairement à d’autres cultures telles que la canne à sucre ou le maïs, le riz est moins globalisé et repose davantage sur des marchés locaux.
En 2023, le prix du riz a franchi des seuils historiques, atteignant près de 650 dollars la tonne pour les variétés vietnamiennes et thaïlandaises, un record inégalé depuis la crise alimentaire de 2008. Cette escalade des prix résulte de décisions politiques majeures de l’Inde et de récoltes décevantes dans les principaux pays producteurs.
Depuis 2022, face à l’augmentation globale du prix des céréales, en partie entretenue par une hausse significative du coût des engrais, l’Inde, sous la direction du Premier ministre Narendra Modi, a imposé des restrictions à l’exportation de riz pour constituer des réserves nationales et limiter la flambée des prix locaux. Ces mesures, touchant environ 80% des exportations indiennes, ont provoqué une onde de choc chez les pays importateurs, d’autant plus que l’Inde représente plus de 40% des exportations mondiales de riz.
Baisse de la production
L’impact de cette politique est exacerbé par des récoltes moins abondantes dans plusieurs pays exportateurs. Le gouvernement thaïlandais, deuxième exportateur mondial, prévoit une diminution de près de 6% de sa production pour 2023-2024 en raison d’une sécheresse liée à El Niño. L’Inde, elle aussi, anticipe une baisse d’environ 4% de ses volumes récoltés, en raison de précipitations trop irrégulières.
Les pays importateurs à faible production, tels que le Bénin, la Guinée et la Côte d’Ivoire, subissent de plein fouet les conséquences de cette inflation. L’augmentation drastique du prix de cette denrée essentielle pèse lourdement sur le coût de la vie et risque d’aggraver les problèmes de malnutrition et de famine.
Cette tendance haussière des prix semble devoir persister. Le gouvernement indien envisage de maintenir sa politique pour les cinq prochaines années, et le phénomène météorologique d’El Niño n’est pas encore terminé. En conséquence, la Banque mondiale anticipe des niveaux de prix élevés pour toute l’année 2024.
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