Groupama se prépare à vendre son pôle de private equity
Une nouvelle institution financière se prépare à vendre son activité de capital-investissement: de sources concordantes, il s’agit de Groupama. Mis en difficulté par une solvabilité fragile, le groupe mutualiste d’assurances a ainsi étendu son processus de cessions à Groupama Private Equity (PE).
«Je ne suis pas habilité à commenter l’opération», ont successivement indiqué à L’Agefi plusieurs responsables de la société de gestion. «Aucune annonce officielle n’a été faite en interne», explique une source au sein de Groupama, qui ne s’est toutefois pas déclarée surprise. Un banquier qui conseille un candidat repreneur a également confirmé l’information. L’assureur – dont le nouveau président Jean-Luc Baucherel présentait ses vœux aux salariés hier – n’a pas répondu aux sollicitations de L’Agefi.
Groupama PE (Finama PE jusqu’en 2009) gère environ 1,8 milliard d’euros à travers 16 fonds. le pôle regroupe trois équipes: Acto Capital (LBO et capital-développement) et ActoMezz (dette mezzanine) pour les investissements directs dans des sociétés généralement françaises, et Quartilium, pour les fonds de fonds couvrant l’Europe et l’Amérique du Nord.
D’après les premières rumeurs, non confirmées, datant de la fin du mois de novembre, Groupama semblait s’orienter vers la seule vente d’ActoMezz. Aujourd’hui, c’est bien l’ensemble du pôle qui est évoqué. Une source externe souligne que les équipes seraient plutôt favorables à des transactions séparées pour chacune d’elles (qu’il s’agisse d’une cession ou d’une prise d’indépendance). Une position logique: ces métiers ont de fortes spécificités, avec des processus de collecte et des investisseurs de nature souvent différente. Il y a donc peu de synergies à attendre pour un repreneur.
Selon le document de référence 2010 de Groupama, Quartilium représente 77% des capitaux gérés par Groupama PE. Acto Capital et ActoMezz sont de tailles à peu près équivalentes. Une telle répartition est classique chez les filiales d’assureurs, la gestion des risques étant essentielle pour ces derniers.
Même si Groupama PE avait entamé une stratégie d’ouverture sur la gestion pour compte de tiers en 2000, le compte propre représentait encore 61% de ses engagements en 2010. Si l’opération concerne la société de gestion, il reste à connaître le sort des participations de Groupama. Dans un contexte prudentiel où les fonds propres valent de l’or, la question mérite d’être posée.
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