GDF Suez passe à la vitesse supérieure dans le trading
GDF Suez s’adapte à la financiarisation croissante de son activité. Le 2 mai prochain, les activités de courtage de l’électricien belge Electrabel (acquis en 2007) vont rejoindre celles de Gaselys pour former GDF Suez Trading. La nouvelle entité sera forte de 400 collaborateurs. Une première étape avait été franchie avec la sortie de la Société Générale du capital de Gaselys le 30 septembre dernier. 70 millions d’euros de synergies sont attendues en année pleine.
GDF Suez Trading consolide ainsi sa place sur le podium dans les marchés du gaz ainsi que dans le top 5 sur les marchés de l’électricité en Europe. Et complète également sa gamme en couvrant aussi les produits pétroliers (l’un des points forts d’Electrabel), le charbon et l’environnement (quotas de CO2 et certificats verts) – deux classes d’actifs dans lesquelles elle veut se renforcer. GDF Suez Trading entend concurrencer les principaux acteurs bancaires et industriels du trading d’énergie que sont Goldman Sachs, Barclays Capital, EDF Trading, ainsi que les allemands E.On et RWE.
La structure financière de la filiale a été renforcée. Alors que Gaselys disposait de 350 millions d’euros de fonds propres, ceux de GDF Suez Trading atteignent le milliard. «A titre de comparaison, ceux d’EDF Trading se montent à 1,3 milliard», précise Pierre Chareyre, directeur général de la structure. L’objectif de rendement des fonds propres est «à deux chiffres». «Dans les activités de trading d’une banque, le RoE [return on equity] est compris entre un peu moins de 20% pour les produits les plus simples, par exemple monétaires, et 40% pour les plus sophistiqués et risqués, comme les dérivés actions», indique un analyste.
L’activité «interne» au groupe GDF Suez représente encore 80% des flux commerciaux de la filiale, qui ont atteint 1.700 TWh en 2010. Celle-ci sert également une clientèle externe classique (clients de GDF Suez et acteurs du secteur de l’énergie). Mais servir une clientèle financière comme les banques et les hedge funds est une activité éloignée des métiers traditionnels d’un producteur d’énergie. Jean-François Cirelli, président du conseil d’administration de GDF Suez Trading, estime que son statut de prestataire de services d’investissement (qui implique un contrôle des régulateurs financiers français et belge) offre le meilleur cadre possible en termes de gestion des risques et d’évolution de la réglementation.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Qui est Jay Clayton, le nouveau « tsar » de l’IA aux Etats-Unis ?
Nommé par Donald Trump pour piloter la Super Intelligence Force, le directeur du renseignement national hérite d'un domaine stratégique sans posséder d'expertise technique -
StratégieViolences, risques de récupération… : comment les syndicats veulent contourner les pièges du mouvement des lycéens
Face à la fronde des lycées, les organisations syndicales tentent d'encadrer la mobilisation prévue mardi à Paris, prudentes face au risque d'être accusée de faire de la récupération -
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement