GDF Suez passe à la vitesse supérieure dans le trading

La fusion entre Gaselys et les activités de trading d’Electrabel donne naissance à un acteur majeur du trading d’énergie en Europe
Antoine Landrot

GDF Suez s’adapte à la financiarisation croissante de son activité. Le 2 mai prochain, les activités de courtage de l’électricien belge Electrabel (acquis en 2007) vont rejoindre celles de Gaselys pour former GDF Suez Trading. La nouvelle entité sera forte de 400 collaborateurs. Une première étape avait été franchie avec la sortie de la Société Générale du capital de Gaselys le 30 septembre dernier. 70 millions d’euros de synergies sont attendues en année pleine.

GDF Suez Trading consolide ainsi sa place sur le podium dans les marchés du gaz ainsi que dans le top 5 sur les marchés de l’électricité en Europe. Et complète également sa gamme en couvrant aussi les produits pétroliers (l’un des points forts d’Electrabel), le charbon et l’environnement (quotas de CO2 et certificats verts) – deux classes d’actifs dans lesquelles elle veut se renforcer. GDF Suez Trading entend concurrencer les principaux acteurs bancaires et industriels du trading d’énergie que sont Goldman Sachs, Barclays Capital, EDF Trading, ainsi que les allemands E.On et RWE.

La structure financière de la filiale a été renforcée. Alors que Gaselys disposait de 350 millions d’euros de fonds propres, ceux de GDF Suez Trading atteignent le milliard. «A titre de comparaison, ceux d’EDF Trading se montent à 1,3 milliard», précise Pierre Chareyre, directeur général de la structure. L’objectif de rendement des fonds propres est «à deux chiffres». «Dans les activités de trading d’une banque, le RoE [return on equity] est compris entre un peu moins de 20% pour les produits les plus simples, par exemple monétaires, et 40% pour les plus sophistiqués et risqués, comme les dérivés actions», indique un analyste.

L’activité «interne» au groupe GDF Suez représente encore 80% des flux commerciaux de la filiale, qui ont atteint 1.700 TWh en 2010. Celle-ci sert également une clientèle externe classique (clients de GDF Suez et acteurs du secteur de l’énergie). Mais servir une clientèle financière comme les banques et les hedge funds est une activité éloignée des métiers traditionnels d’un producteur d’énergie. Jean-François Cirelli, président du conseil d’administration de GDF Suez Trading, estime que son statut de prestataire de services d’investissement (qui implique un contrôle des régulateurs financiers français et belge) offre le meilleur cadre possible en termes de gestion des risques et d’évolution de la réglementation.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...