Fannie Mae et Freddie Mac, un puits sans fond pour le contribuable américain
Le marasme de la sphère immobilière aux Etats-Unis conserve un puissant symbole, celui de l’indéfectible soutien accordé par le Trésor aux agences de refinancement du crédit hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac. La première a une nouvelle fois fait la preuve hier soir de sa dépendance aux deniers publics. A l’occasion de la publication d’une perte nette de 5,1 milliards de dollars au titre du troisième trimestre, Fannie Mae a dit devoir solliciter le Trésor pour 7,8 milliards de dollars.
La semaine passée, Freddie Mac a fait état d’une perte nette de 4,4 milliards de dollars sur le trimestre passé tout en réclamant une rallonge de 6 milliards d’aide.
La demande formulée hier soir par Fannie Mae porte à 112,6 milliards le montant consacré par les pouvoirs publics au maintien à flot de la société depuis la prise de contrôle de l’établissement concédée par Washington en 2008. En contrepartie, l’agence a versé sur la période 17,2 milliards sous forme de dividendes. Avec l’aide apportée à Freddie Mac, elle aussi sous contrôle public, le soutien de l’Etat fédéral s’élève à 169 milliards de dollars. L’Etat a promis un soutien illimité jusqu’à fin 2012 au bénéfice des deux groupes qui certes garantissent ou détiennent près de la moitié des prêts hypothécaires à travers les Etats-Unis. Le régulateur des agences a estimé que le coût pour le contribuable pourrait atteindre 193 milliards de dollars d’ici 2014, y compris le versement de dividendes.
Au troisième trimestre 2010, Fannie Mae avait affiché une perte de 1,3 milliard de dollars. Outre le contexte opérationnel courant au titre du trimestre écoulé, Fannie Mac a tenu à mettre en avant pour expliquer le creusement de sa perte le comportement défavorable de crédits pris en portefeuille avant la crise. La directrice financière Susan McFarland a assuré que la société «travaillait à réduire les pertes» sur ces crédits afin de «limiter l’exposition du contribuable». Fannie Mae a par ailleurs reconnu que la perte du troisième trimestre avait été renforcée par des pertes sur des produits dérivés destinés à couvrir son exposition aux variations de taux d’intérêt.
En 2008, les pouvoirs publics avaient imaginé la mise sous tutelle de Fannie Mae et de Freddie Mac comme un dispositif temporaire. Mais il faudra bien des années avant qu’un schéma de remplacement de long terme ne se mette en place, l’administration Obama et le Congrès songeant désormais à une liquidation.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés devraient saluer l'élan de Bolsonaro au premier tour au Brésil
Flavio Bolsonaro a remporté le premier tour de l’élection présidentielle, contre toute attente, face à l’actuel président Lula. Cela lui donne de grandes chances de victoire au second tour le 25 octobre. Les actifs brésiliens prolongent leur rebond même si rien n’est joué et si la politique budgétaire du candidat de droite n’a pas été détaillée. -
En finance, la maîtrise de l'IA fait grimper les salaires
Selon le guide des salaires 2027 du cabinet de recrutement Robert Half, 31 % des responsables du recrutement en finance et comptabilité proposent des salaires plus élevés aux candidats ayant des compétences en IA. -
EXCLUSIFAstorg fait évoluer les conditions de son nouveau fonds pour séduire les investisseurs
La société d’investissement durcit les conditions de déclenchement de son carried interest en relevant le hurdle rate de 8 à 12%.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'Opinion« Face à la Chine et aux Etats-Unis, Européens et Africains ont un intérêt objectif à agir ensemble »
L'Union européenne reste le premier partenaire commercial du continent africain, qui vit de profondes mutations, entre explosion démographique et bonds technologiques -
Tribune libreElections en Europe : le spectre du post-libéralisme
De nombreux facteurs poussent l'Europe vers le post-libéralisme, mais le combustible politique le plus puissant reste incontestablement l'immigration -
IdentitésBlocage des lycées : trouvons des solutions, plutôt que des coupables
Il faudrait cesser de mesurer l'égalité scolaire au nombre de postes et commencer à regarder le nombre d'heures d'enseignement effectivement reçues par chaque enfant, ainsi que l'expérience de ceux qui les assurent