F&A : quand l’évolution de l’euro affecte le niveau des primes versées
Alors que jusqu’en début d’année dernière, le renchérissement de l’euro par rapport au dollar s’était accompagné d’une hausse des primes payées par les groupes européens rachetant des sociétés américaines, la relation s’est depuis inversée, comme le montre une étude de Dealogic.
A l’aide de cette dernière, on observe ainsi que, sur 2006 et 2007, les primes payées par les sociétés européennes avaient gagné 10 points, à près de 34 %, quand en parallèle la monnaie unique gagnait près de 15 % pour atteindre 1,4 dollar. Or, depuis le début de 2008 et la propagation de la crise financière, la tendance s’est inversée. De fait, le niveau des primes a chuté de plus de 3 points durant le premier semestre 2008 à mesure que la valeur de la monnaie unique s’envolait face au billet vert, jusqu’à tutoyer la barre de 1,60 dollar pour un euro. Si ce recul des primes a depuis été effacé, c’est au prix d’une détente de l’euro, qui vaut aujourd’hui un peu moins de 1,40 dollar.
La méfiance des dirigeants européens à l’égard de la qualité des entreprises américaines et les difficultés croissantes rencontrées par ces dernières pour financer leurs opérations peuvent expliquer cette tendance. A cela s’ajoute une forme d’attentisme qui prévaut désormais outre-Atlantique où l’on estime que la situation n’est pas favorable aux vendeurs avec l’effondrement des valorisations.
Ces raisons expliquent sans doute également pourquoi le nombre d’acquisitions européennes aux Etats-Unis s’est effondré en un an. Entre le premier semestre 2007 et la fin de l’année dernière, le nombre de deals à l’initiative de groupes du Vieux Continent observé sur un semestre a ainsi fondu de près de 30 %, pour tomber au niveau de celui de la fin de 2006 (environ 270 opérations). Pis, cette tendance s’est accélérée depuis le début de l’année, où le seuil des 200 opérations n’a même pas été atteint, portant à un tiers leur recul par rapport à la fin de l’année dernière.
La situation est encore plus spectaculaire en termes de valorisation. Tandis que Thomson Reuters a relevé que le volume de l’ensemble des opérations de fusions acquisitions a chuté de 40 % depuis le début de 2009, à 752 milliards de dollars, celui concernant les acquisitions européennes aux Etats-Unis s’est replié de près de 90 %, à moins de 20 milliards de dollars.
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