European Capital revient en force en France via la dette «unitranche»

Le bureau de Paris boucle une année 2013 record avec neuf sorties et quatre nouveaux investissements sur le segment de la «dette privée»
Fabrice Anselmi

Un boulevard. C’est pour les mois et années à venir la feuille de route d’European Capital, qui se spécialise sur le segment de la dette «unirate», qu’elle fut la première à mettre en place en France sur les valises Delsey en 2007.

«La désintermédiation bancaire gagne les opérations de LBO (leveraged buy-out), c’est favorable à des investisseurs comme nous, même si nous continuons à proposer des financements en mezzanine dans certaines situations», explique Tristan Parisot, managing director responsable du bureau de Paris. Ce dernier a généré via neuf sorties près de la moitié des 600 millions d’euros remontés en Europe cette année, notamment sur les lignes Qioptiq (85 millions de dollars investis en 2008) ou Permaswage (22 millions d’euros investis en 2007), avec en moyenne un multiple de 1,5 fois la mise.

«Notre portefeuille européen (1.100 millions d’euros sous gestion après les sorties) a connu une progression de 15% de sa valeur nette actualisée (NAV), avec une revalorisation de la plupart de nos lignes (14 à Paris, dont 9 mezzanines et 5 en equity), y compris sur des sociétés ayant fait l’objet de restructurations comme Batisanté dont l’Ebitda a été multiplié par deux depuis notre reprise en main en janvier 2011», poursuit Tristan Parisot.

Surtout, l’équipe française, qui s’est renforcée cette année en passant de 14 à 17 professionnels, a investi quelque 120 millions sur 4 nouveaux deals. Il s’agit de Precisium (mezzanine pour un build-up d’Alliance Industrie, déjà refinancée avec un TRI de 24%) et de trois dettes «unitranches» pour Flexitallic (26 millions investis aux côtés d’Ardian), Inseec (75 millions avant syndication) et Asmodée (65 millions), dans ces deux derniers cas arrangées avec la participation de Tikehau.

«Nous avons aujourd’hui la possibilité d’arranger des opérations comptant jusqu’à 100 millions d’euros de dette privée, avec un couple rendement-risque très attractif sur le midcap en Europe (9%-11% de TRI). American Capital l’a compris, les institutionnels également. Ces derniers privilégient les équipes expérimentées sur ce segment», ajoute Tristan Parisot.

Créée en 2005, European Capital est la filiale de la holding cotée American Capital (6 milliards de dollars d’actifs), dont l’action (15 dollars) s’est bien redressée depuis trois ans. Grâce à un portefeuille également de qualité outre-Altantique, le groupe s’est considérablement désendetté, passant d’un levier de 100% à 10% des fonds propres.

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