Euronext mise sur l’innovation pour son nouveau plan stratégique
Euronext vient de dévoiler son nouveau plan stratégique pour les trois années à venir, intitulé Let’s grow together, afin de « construire l’infrastructure de marché leader en Europe : notre mission est de participer au financement de l’économie réelle sur long terme, et pour cela de connecter les économies locales aux marchés de capitaux à une échelle globale afin d’accélérer l’innovation et la croissance durable », a résumé Stéphane Boujnah, PDG d’Euronext. « Les émetteurs ont besoin de notre soutien sur ces aspects en particulier », a-t-il ajouté.
En chiffres, cela reviendrait à augmenter le chiffre d’affaires (734 millions d’euros pour 2018 en proforma) organique de 2% à 3% par an d’ici à 2022, d’augmenter la marge d’Ebitda de 57% à plus de 60%. Les coûts internes se montent autour de 12 millions d’euros sur la durée du plan, avec toujours une capacité d’investissement (Capex) entre 3% et 5% des revenus annuels, et une politique de dividende à 50% des résultats nets.
Depuis 2014 et sa prise d’indépendance d’avec Nyse, au travers notamment d’un nouveau groupe d’actionnaires de référence détenant 23% du capital, la Bourse paneuropéenne a connu une croissance continue et une certaine diversification entre les classes d’actifs et services couverts, notamment à partir du précédent plan triennal, annoncé en 2016.
La diversification a permis de passer de 44% à 51% de chiffre d’affaires indépendant des volumes de trading, avec 22% de revenus en provenance de nouvelles géographies, notamment avec les rachats des Bourses de Dublin (2017) et d’Oslo (2019).
En parallèle à de multiples projets pour améliorer sa croissance organique, le groupe, qui se dit parfaitement préparé depuis mars à tous les scénarios autour du Brexit, estime avoir au moins 700 millions d’euros de cash disponible pour des acquisitions transformantes, et la possibilité de lever jusqu’à plus de 2 milliards sur les marchés en cas de besoin. Sachant que ces acquisitions pourraient porter aussi bien sur de nouveaux pays que sur de nouvelles lignes métiers, par exemple dans le secteur de la gestion des données – comme pour London Stock Exchange avec Refinitiv – « sous réserve de ne pas payer des multiples exagérés ».
Quant à devenir une cible pour de grands investisseurs en provenance d’autres continents ? « Euronext est devenu le plus grand marché paneuropéen avec plus de 4.000 milliards d’euros de capitalisation, et démontre faire mieux que beaucoup de pairs en termes de résultats et de capacité à gérer son bilan et ses actifs », répond Stéphane Boujnah.
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