ESG et high yield animent le marché primaire de la dette
Au premier semestre, les émissions investment grade sont en retrait après une année 2020 exceptionnelle.
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Xavier Diaz
L’activité sur le marché primaire la semaine passée illustre bien la dynamique qui a animé les émissions obligataires des entreprises (corporate) au premier semestre. Le marché reste soutenu mais dans une moindre mesure qu’en 2020 pour l’investment grade (IG), une année exceptionnelle, avec une activité en forte progression sur le high yield (HY) et une proportion toujours plus importante de transactions au format durable.
Le marché IG est en retrait de 30% environ cette année par rapport à 2020. Le montant émis atteint 170 milliards (au 18 juin), selon les stratégistes de Société Générale CIB. L’an dernier, les entreprises ont beaucoup émis pour assurer leurs besoins en liquidité dans le contexte de la crise sanitaire. Le montant émis au premier semestre est similaire à celui enregistré en 2019 avant la pandémie.
La part des émetteurs français, traditionnellement les plus actifs, est faible à 11% des transactions, après avoir massivement émis en 2020. Les entreprises allemandes (17%) et américaines (14%) ont été plus actives. Cette année il y a aussi eu plus d’émetteurs français de taille moyenne (Vilmorin, Orpea…). Outre l’industrie et les utilities, le secteur de l’immobilier (15,5%) a été particulièrement actif depuis janvier.
«Même si le marché est moins euphorique que l’an dernier, quand les rendements étaient plus attractifs, la demande reste soutenue, avec des resserrements de prix qui restent importants en cours d’émission», note Félix Orsini, responsable mondial DCM chez Société Générale CIB. La Banque centrale européenne (BCE) tient le marché.» Les émissions nettes (hors remboursement des anciennes émissions et achats de la BCE) ne sont que de 30 milliards d’euros. La prime d’émission moyenne reste basse à 5 points de base.
En revanche, le marché HY, qui avait mis plus de temps à reprendre en 2020, réalise une année exceptionnelle avec un doublement du montant émis (71,85 milliards contre 94,85 milliards sur l’ensemble de 2020, selon SG CIB). Un volume d'émission qui a pu inquiéter. «Le segment HY a été stimulé par les refinancements M&A comme nous l’avions anticipé», affirme Valérie Jourdan, co-responsable DCM chez BNP Paribas CIB. Des opérations financières qui ont été moins nombreuses dans l’IG.
L’autre tendance confirmée au premier semestre a été celle des émissions ESG. «Il y a une montée en puissance, relève Valérie Jourdan. Ces opérations ont représenté 18% au premier semestre, contre 15% en 2020, et même 25% au cours des deux derniers mois.»
L’inflation a faibli en juillet pour le deuxième mois consécutif à 3,4%. La composante sous-jacente diminue également à 2,5%. Des chiffres bien accueillis par les marchés qui renforcent l’idée d’un maintien des taux par la Fed en septembre.
La probabilité d’une hausse de taux comme d’un statu quo en septembre est de 50%, alors que le rebond du pétrole a relancé les craintes d’une inflation persistante malgré un marché du travail au ralenti aux Etats-Unis. Les investisseurs scruteront l’inflation de juillet, publiée ce mercredi.
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