Dexia peut poursuivre la marche vers son démantèlement

Ses actionnaires ont approuvé à la quasi-unanimité l’augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros des Etats français et belge
Antoine Landrot

Les actionnaires de Dexia ont voté leur propre dilution. L’augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros par les Etats français (à hauteur de 53%) et belge (à hauteur de 47%), indispensable pour éviter la faillite de la banque franco-belge, a été plébiscitée à 99,4%.

Cette recapitalisation a pour but de lui éviter une dissolution précipitée. L’opération sera réalisée le 31 décembre au plus tard, alors que la Commission européenne donnera sa position sur le plan de démantèlement du groupe le 28 décembre. Le commissaire à la concurrence Joaquin Almunia recommande à Bruxelles son approbation.

Les dirigeants de Dexia avaient averti qu’une liquidation anticipée pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards au système financier européen. Au 30 septembre, le total de bilan de Dexia pèse 384 milliards d’euros, sans compter les 605 milliards d’euros de contrats de dérivés.

L’injection provoquera une dilution massive puisque les deux Etats (qui détenaient 5,7% du capital chacun) devraient à son issue contrôler 94,42% du capital (50,02% pour la Belgique et 44,4% pour la France). Ils laisseront aux autres actionnaires (la Caisse des dépôts, le Holding Communal, le groupe Arco…) la portion congrue. Le flottant passera de 30,4% à 1,9%. Dans l’avis de convocation, l’établissement rappelait que son actif net est négatif de 2,68 milliards d’euros au 30 septembre.

Conformément au code des sociétés belge, une entreprise dont l’actif net représente moins du quart de son capital social doit convoquer une assemblée générale afin de délibérer sur la dissolution de la société ou la poursuite de ses activités. «Cette situation de fonds propres sociaux négatifs résulte essentiellement de l’importante réduction de valeur actée par Dexia SA sur sa participation dans Dexia Crédit Local [DCL]», la filiale française de prêt du groupe, indique le communiqué. En effet, la participation était valorisée à 5 milliards d’euros, calculée à partir des prévisions de cash-flows futurs de la filiale.

Mais le renchérissement des coûts de financement, relatif à l’instabilité des marchés, a invalidé ces hypothèses. Ne pouvant établir une valorisation au 30 septembre, Dexia a intégralement déprécié DCL.

A l’issue de l’augmentation de capital, les fonds propres du groupe passeront à 6 milliards d’euros. «Elle permettra à Dexia de souscrire à l’augmentation de capital de sa filiale DCL» décidée la semaine dernière, pour un montant de 2 milliards d’euros.

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