Dexia mandate Barclays pour lancer la vente de sa gestion d’actifs
Dexia remet un coup d’accélérateur sur ses cessions d’actifs. Tout en attendant fin janvier les premières offres pour sa filiale turque Denizbank, le groupe va lancer la semaine prochaine le processus de vente de son pôle de gestion d’actifs, Dexia AM. Il a mandaté Barclays à cet effet, après avoir reçu une trentaine de marques d’intérêt.
Mais la reprise de l’activité de financement aux collectivités locales de la banque en France reste le gros dossier à régler. René Ricol a dû reprendre du service. Le commissaire général à l’investissement va organiser la semaine prochaine des réunions pour concilier les points de vue de la Caisse des dépôts, de la Banque Postale et de Dexia. Le projet passe par la prise de contrôle à 65% de Dexia Municipal Agency (DexMa) par la CDC.
Or, la Caisse traîne des pieds, pour des raisons comptables. L’institution utilise pour son acquisition la méthode dite du purchase accounting, qui consiste à mettre à la valeur de marché le bilan de la cible. Or, depuis la présentation du schéma de reprise en octobre, l’écartement des spreads aurait provoqué une baisse de la valeur de DexMa que la CDC évalue à 2 milliards d’euros. Il lui faudrait donc enregistrer un écart d’acquisition du même montant, qui diminuerait ses fonds propres. D’où ses appels à une nationalisation. «Dexia souhaite la mise en œuvre de l’accord global présenté cet automne, sur lequel la France s’est d’ailleurs engagée vis-à-vis de la Belgique, répond Pierre Mariani, l’administrateur délégué du groupe, à L’Agefi. Il n’y a pas à ce jour d’autre schéma sur la table. Je rappelle que Dexia Crédit Local est une structure juridique recouvrant plusieurs activités, en France et à l’international», ce qui rend impossible une nationalisation en l'état.
Le débat lui semble d’ailleurs artificiel. «La reprise de Dexma par deux entités de la sphère publique, la CDC et la Banque Postale, avec une garantie de l’Etat sur le portefeuille de prêts structurés, est clairement une solution publique », rappelle Pierre Mariani.
La prochaine vacance du pouvoir à la CDC complique la donne. Le successeur du directeur général Augustin de Romanet, dont le mandat s’achève le 7 mars, ne sera pas nommé avant les élections. Il reviendrait, en principe, au secrétaire général d’assurer l’intérim. L’alternative est simple: soit le dossier se conclut d’ici à février, soit le financement des collectivités locales se trouverait dans l’impasse pour de longs mois.
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