Deutsche Bank se confie par défaut à un tandem inégal
Rien n’est encore officiel, mais tout indique que Deutsche Bank pourrait à l’avenir être dirigée par un tandem, composé de l’actuel directeur de sa BFI, Anshu Jain, et de Jürgen Fitschen, le responsable des activités allemandes du groupe. Ils succéderaient au patron actuel Josef Ackermann dont le mandat expire en mai 2013. Tel est en tout cas la proposition d’un comité restreint qui sera soumise le 25 juillet prochain à la réunion du conseil de surveillance. Le débat sur la succession s'était brusquement emballé au début du mois avec la nomination d’Axel Weber, l’ancien président de la Bundesbank à la présidence d’UBS. Jusque-là, l’ancien banquier central, actuellement professeur à Chicago, passait pour le candidat favori chez Deutsche Bank.
C’est donc par défaut d’un candidat susceptible de représenter la banque dans son ensemble, aussi bien auprès des banquiers d’affaires que dans les milieux politiques, que le comité des nominations a opté pour une direction bicéphale. Selon Wolfgang Gerke, professeur à l’Université de Nuremberg, ce choix est «un aveu de faiblesse» car il démontre que la banque n’a pas trouvé de candidat d’une carrure similaire à celle de Josef Ackermann ou d’Axel Weber.
Mais pour mettre un terme à la controverse, Deutsche Bank se devait de trouver rapidement une solution. Pour Konrad Becker, analyste chez MerckFinck, «Deutsche Bank n’a pas vraiment d’autre recours qu’une direction bicéphale». Il souligne que la BFI génère tous les ans plus de trois quarts des bénéfices de la banque. «Il est donc logique de récompenser son dirigeant Anshu Jain par le poste de directeur général de l’ensemble du groupe», estime l’expert. Mais Anshu Jain, né en 1963 à Jaipur en Inde et vivant à Londres, ne parle pas l’allemand et n’est pas ancré dans la vie politique allemande. Un handicap majeur pour le patron de la première banque d’Allemagne, régulièrement appelée à des consultations par Berlin.
Pour remédier à ce problème le nouveau dirigeant sera donc secondé d’un représentant de l’aile traditionnelle de la banque, bien connu du monde politique et apprécié par les grandes entreprises du pays. Ce rôle pourrait donc revenir à Jürgen Fitschen. Les experts soulignent qu'à 63 ans ce dernier ne devrait plus avoir d’ambitions pour faire de l’ombre à son homologue. Sa nomination s’apparente donc à une solution transitoire, le temps de permettre à Anshu Jain de se faire connaître à Berlin.
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