Deutsche Bank profite au troisième trimestre d’un rebond de sa BFI
Alors que Deutsche Bank fait l’objet de pressions outre-Rhin pour se défaire de sa banque de financement et d’investissement (BFI), c’est justement la reprise de cette activité entre juillet et septembre qui lui a permis de sauver son bilan. Sur un résultat avant impôt de 1,1 milliard d’euros, en hausse de 20% par rapport à la même période de l’an passé, la BFI a apporté 662 millions. Parallèlement les revenus de cette branche ont fait un bond de 65% à 4,3 milliards contre 2,6 milliards au troisième trimestre 2011.
A l’exception de la gestion de fortune, soumise à une vaste restructuration, les deux autres activités de Deutsche Bank, la banque à réseaux ainsi que la banque de flux, ont également dégagé des résultats en hausse. «Nous avons profité d’un rebond des marchés et persévéré dans la réduction des actifs à risques et d’une amélioration des fonds propres», ont fait savoir les deux codirigeants de la banque Jürgen Fitschen et Anshu Jain. Ainsi le taux de fonds propres durs (tier 1) s'établit désormais à 10,7%.
Si le bénéfice net au troisième trimestre (755 millions d’euros) s’affiche légèrement inférieur à celui de l’an dernier, c’est parce que les comptes de la banque ont été affectés par une charge de 332 millions d’euros, due notamment à la suppression de près de 2.000 emplois dans la BFI et à la restructuration de sa filiale de gestion de fortune après l’abandon du projet de vente de cette division aux Etats-Unis. A cela s’ajoute une hausse des provisions pour pertes sur crédit de 20% à 555 millions d’euros.
Dans les mois à venir Deutsche Bank s’attend à une poursuite du «climat macroéconomique incertain». Mais à la différence de ses confrères helvétiques, UBS et Credit Suisse, la banque de Francfort n’a pas l’intention d’intensifier les réductions de coûts annoncées en septembre. Pas question non plus pour l'équipe dirigeante de suivre l’exemple d’UBS et de se séparer de tout ou partie de la BFI.
Au contraire, Jürgen Fitschen et Anshu Jain ne manquent pas une occasion de rappeler leur attachement à la structure actuelle et leur volonté de hisser Deutsche Bank au rang des concurrents de Wall Street. Au grand dam de Peer Steinbrück, l’ancien ministre allemand des Finances et actuel candidat du SPD à la chancellerie. Il réclame à cor et à cri une scission de la banque en deux entités distinctes, afin de mieux protéger les clients privés des risques de la BFI.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Google fait son grand retour dans la compétition aux modèles d’IA de pointe
Google a lancé, jeudi 1er octobre, un nouveau modèle d'IA haut de gamme, Gemini 4 Argon, testé par quelques partenaires de confiance. Avec Anthropic et OpenAI, tous rivalisent sur la puissance de leurs outils d’IA, alors même qu'ils appellent publiquement à la modération.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : le soutien croissant des Britanniques à l’UE peut-il rebattre les cartes du Brexit ?
Plusieurs enquêtes récentes montrent qu’une part importante des Britanniques est désormais favorable à un retour dans l’Union européenne. Alors qu’Andy Burnham envisage ouvertement une nouvelle adhésion, une telle perspective nécessiterait de longues négociations, sans garantie pour Londres de retrouver les dérogations dont il bénéficiait avant le Brexit -
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental