Deutsche Bank et UBS sont à leur tour attaquées pour leur dark pool
Comme Barclays, Deutsche Bank et UBS sont dans le viseur pour leurs activités de high frequency trading (trading à haute fréquence ou HFT) aux Etats-Unis, révèlent leurs comptes du deuxième trimestre publiés hier. La banque allemande répond aux demandes d’information de plusieurs régulateurs américain; la suisse UBS est depuis 2012 sous investigation de la SEC, le gendarme des marchés américains, pour le rôle joué par son dark pool (plate-forme d’échange anonyme de blocs de titres).
Toutes deux font l’objet d’une procédure collective américaine pour de supposées violations liées au HFT à l’instar, selon UBS, de «douzaines» d’intervenants (courtiers interbancaires, traders haute fréquence, dark pools).
Credit Suisse a indiqué la semaine dernière qu’elle répond à des requêtes concernant les dark pools, mais elle n’a pas précisé si elle fait elle-même l’objet d’une enquête. Soupçonnée d’avoir trompé les investisseurs, la britannique Barclays est la première grande banque nommément citée, le mois dernier, dans l’enquête menée par le procureur de New York, pour le compte de la SEC. Cette dernière veut faire la lumière sur les liens entre opérateurs boursiers et dark pools et édicter des règles pour promouvoir l'égalité de traitement des investisseurs et rendre les marchés plus stables et transparents.
Les banques européennes sont en première ligne, leurs dark pools étant parmi les plus gros du marché américain. L’enquête visant Barclays a fait chuter ses volumes et bousculé la hiérarchie du secteur. La semaine du 7 juillet, Credit Suisse était en tête devant UBS (2e) et Deutsche Bank (5e), selon les données de la Finra, l’un des régulateurs américains.
Chez Deutsche Bank, ce nouveau risque juridique s’ajoute aux négociations sur une amende liée à des transactions avec les pays sous embargo américain (dans la foulée de celle infligée à BNP Paribas), à sa mise en cause par le Sénat américain pour avoir aidé des hedge funds à se soustraire au fisc (comme Barclays) ou encore aux critiques de la Fed de New York sur la qualité de son contrôle interne.
La banque a annoncé hier le recrutement de 500 personnes outre-Atlantique pour renforcer ses procédures. Ses provisions pour litiges sont passées de 1,8 à 2,2 milliards d’euros au cours du trimestre, mais les analystes de Credit Suisse et Morgan Stanley estiment ses pertes non couvertes à 3,9 milliards d’euros, contre1,5 milliard chez UBS selon Morgan Stanley.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque nationale suisse est intervenue pour stabiliser le franc suisse
La BNS a acheté des devises étrangères afin de stabiliser le franc suisse qui s’est ainsi déprécié de 3% en quelques mois. La banque centrale, qui maintient son taux à 0%, estime que cette faiblesse est favorisée par l’écart avec les grandes zones économiques. -
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
Le fournisseur d’ETF s’appuie sur l’expertise de l’équipe d’Atlantic House afin d’entrer sur le marché des ETF à rendement défini en Europe. -
Fund Channel et AG2R La Mondiale s’associent pour simplifier la gestion de fonds
La plateforme de distribution de fonds détenue par Amundi et Caceis récupère la gestion opérationnelle des fonds partenaires d’AG2R La Mondiale.
ETF à la Une
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
Coup de pokerLe gouvernement va geler les pensions à partir de 1 260 euros
Dans sa copie initiale du budget 2027, l’exécutif prévoit de geler les retraites dès 1 260 euros pour dégager 5,5 milliards d’économies. En renvoyant l'arbitrage à un décret réversible, Sébastien Lecornu tente un coup tactique qui ne fait pas l'unanimité -
Quand le luxe révèle la main
A l’heure où les algorithmes savent presque tout faire, les métiers de la main n’ont jamais semblé aussi précieux. Portés par les grandes Maisons, une nouvelle génération d’artisans et une quête de sens, les savoir-faire d’exception sortent de l’ombre. -
« Je ne vois aucune instrumentalisation » : qui est Ryad Rani, nouveau porte-parole de la colère lycéenne ?
Le président du syndicat lycéen assure que la contestation actuelle n’est pas instrumentalisée par LFI bien qu’il entretienne lui-même des liens avec le mouvement.