Deutsche Bank éclipse ses rivales dans la banque d’investissement
L’expansion de Deutsche Bank dans des segments de marché plus stables commence à porter ses fruits. L’intégration de Postbank, forte de 14 millions de clients particuliers, et du gérant de fortune Sal.Oppenheim a permis à sa division de banque de détail de bondir au premier semestre, réalisant un bénéfice imposable de 788 millions d’euros contre 190 millions un an auparavant. Ce chiffre comprend aussi un effet exceptionnel de 263 millions d’euros lié à la consolidation dans ses comptes de sa participation de 19,99% dans le groupe chinois Hua Xia Bank. Parallèlement sa division gestion d’actifs et de fortune est sortie du rouge au premier semestre, dégageant un bénéfice imposable de 190 millions.
Toutefois, la part du lion de ses résultats avant impôts, soit 2,6 milliards d’euros, provient toujours de sa banque de financement et d’investissement. Ce chiffre crée d’autant plus la surprise qu’il est quasiment stable par rapport à l’an dernier. Les revenus ont même progressé sur un an, le pôle trading limitant pour sa part la baisse à 3% là où tous ses concurrents ont enregistré jusqu'à présent des contractions d’activité à deux chiffres. Deutsche Bank profite dans ce segment de sa position dominante dans le trading de devises et de produits dérivés. Elle a enregistré une forte hausse (+27%) des revenus dans ses activités de conseil et marché primaire. Par ailleurs, la bonne tenue de l'économie mondiale, notamment en Allemagne, a permis de réduire les provisions pour risques dans son activité corporate à seulement 12 millions d’euros.
Au total, le résultat net de 2,1 milliards d’euros dépasse de 300 millions celui de l’an passé. A la Bourse de Francfort les chiffres ont été salués par une forte hausse du cours de Deutsche Bank, gagnant par moment près de 5%. L’analyste Philipp Hässler d’Equinet estime que la banque a désormais de bonnes chances d’atteindre ses ambitieux objectifs pour l’année en cours.
Josef Ackermann, le patron de Deutsche Bank, a confirmé qu’il est «confiant dans le fait que nous allons atteindre notre objectif pour 2011 d’un bénéfice avant impôts de 10 milliards d’euros sur nos activités opérationnelles». Face aux doutes apparus ces dernières semaines concernant le niveau de ses fonds propres, la banque précise qu’elle a porté son ratio de solvabilité core tier one, hors capitaux hybrides, à 9,6% contre 8,7% à la fin de l’année 2010.
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