Deutsche Bank doit renoncer à son objectif de résultat pour 2011
Les analystes n’y croyaient plus depuis longtemps. Hier, son président sortant, Josef Ackermann, a reconnu officiellement qu’en raison d’un troisième trimestre décevant Deutsche Bank ne sera plus en mesure d’atteindre son objectif de résultat de 10 milliards d’euros avant impôts pour cette année.
«L’intensification de la crise des dettes souveraines conduit à des incertitudes sur les marchés au troisième trimestre, et donc à une réduction significative des volumes et des revenus dans notre division Corporate Banking & Securities», a-t-il expliqué lors d’une conférence à Londres. C’est surtout sur le marché des obligations que la banque de financement et d’investissement de Deutsche Bank aurait essuyé une chute brutale de ses activités. Il en va de même sur le marché des fusions et acquisitions, surtout en Europe où le groupe allemand occupe une position importante.
Au cours des dernières semaines déjà Deutsche Bank avait multiplié les signes annonciateurs d’un abandon de son objectif, sachant que sa BFI génère trois quarts des revenus et des bénéfices de tout le groupe. Fin juillet déjà, Josef Ackermann avait prévenu qu’il serait «difficile» pour sa BFI d’atteindre son objectif d’un résultat annuel de 6,4 milliards d’euros. Début septembre il avait affolé les marchés en déclarant que la situation actuelle lui rappelait la crise financière de l’automne 2008.
En réaction à la dégradation des derniers mois, Deutsche Bank a annoncé hier la suppression d’ici mars 2012 de 500 postes dans ses activités marché, essentiellement à Londres. Une mesure plutôt modérée comparée à la suppression de 3.500 emplois annoncée par UBS. C’est pourquoi les analystes se demandent déjà si ce plan d'économie sera suffisant en cas de prolongation des turbulences dans les mois à venir.
Hier le groupe a toutefois assuré qu’il resterait bénéficiaire au troisième trimestre malgré une nouvelle dépréciation sur ses titres de dette grecque d’environ 250 millions d’euros (en valeur de marché), après 155 millions d’euros au deuxième trimestre. Son exposition nette à l’Etat grec s'élève désormais à 900 millions d’euros, en incluant sa filiale Postbank.
Plus d'articles du même thème
-
La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
Les conditions pour que la Banque centrale européenne utilise son outil anti-fragmentation ne semblent pas encore réunies. Lorsque cet instrument a été créé en juillet 2022, le spread entre les taux à 10 ans italien et allemand (BTP-Bund) avoisinait les 250 points de base, un niveau supérieur à l'écart actuel de 150 points de base entre la France et l'Allemagne. -
Schroders étoffe sa plateforme d’ETF actifs
Deux nouveaux fonds listés actifs obligataires intègrent la plateforme lancée il y a un an. L’un est investi dans les CoCo, le deuxième en émissions Investment grade. -
Une aide à l’enfance bien calibrée réduit les dépenses publiques à terme
Dans un nouveau rapport, l’OCDE montre comment diverses mesures de soutien aux familles améliorent la santé et les résultats scolaires des enfants, ainsi que le taux d’emploi des parents.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Mondes émergentsLa tech chinoise à l'assaut de la suprématie américaine
En Chine, chaque restriction accélère une réponse nationale, chaque réponse nourrit l'émulation collective -
Ischia : nos plus belles adresses sur l'île verte
Loin des yachts et du tumulte de Capri, Ischia préfère les eaux chaudes, les jardins en terrasses et les dîners face à la mer. De Lacco Ameno à Sant'Angelo, voici nos adresses préférées pour découvrir l'âme de l'île. -
Sur un filProjet de loi « casseurs-payeurs » : l’exercice d’équilibriste du gouvernement
L’exécutif compte accélérer l’examen de son projet de loi qu’il espère assez robuste juridiquement pour satisfaire le Conseil constitutionnel