Des dirigeants et ex-dirigeants de Wendel sont auditionnés à Bercy
Après le redressement fiscal notifié à quatorze membres ou ex-membres de l’état-major de Wendel en décembre 2010, la procédure suit son cours. Les dirigeants (dont Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance) ou ex-dirigeants (dont Bernard Lafonta, ancien président du directoire remplacé par Frédéric Lemoine en mars 2009) visés passeront courant mars devant le comité de l’abus de droit fiscal, qui dépend du ministère de l’Economie et des Finances, ont indiqué à L’Agefi plusieurs sources du dossier.
«Chacune des quatorze personnes passera séparément au cours du mois de mars devant le comité, qui rendra ensuite son avis. Celui-ci est généralement très suivi par l’administration fiscale», indique une des sources. «En cas d’avis négatif, l’administration pourra revoir sa position. Dans le cas contraire, il y aura alors mise en recouvrement ou, en cas de recours devant le tribunal administratif, dépôt de garantie», explique une des sources.
Le comité de l’abus de droit fiscal, qui est composé d’experts indépendants (conseillers d’Etat, avocats fiscaliste, notaires…), pourrait «rendre son avis rapidement, au cours des mois d’avril ou de mai», indique une autre source proche du dossier.
Les faits visés par les services fiscaux remontent à mai 2007, où un montage financier avait permis la distribution de 4,7% du capital de Wendel, pour un montant global de 324 millions d’euros (au cours de l’action le jour de la cession) aux collaborateurs concernés. Le fisc, qui estime que ce montage impliquant une multitude de sociétés civiles n’aurait eu pour seul objectif que d’échapper à l’impôt, réclame environ 240 millions d’euros.
Sur ce montant, Jean-Bernard Lafonta pourrait devoir s’acquitter de quelque 100 millions d’euros, contre une somme d’environ 50 millions d’euros pour Ernest-Antoine Seillière. Interrogé par L’Agefi, Wendel n’a pas souhaité faire de commentaires.
Dans un tout autre dossier, l’ancien président du directoire de Wendel s’était déjà vu infliger une sanction pécuniaire de 1,5 million d’euros par la commission des sanctions de l’AMF (Autorité des marchés financiers), la société d’investissement ayant reçu une amende similaire. Le gendarme boursier avait alors motivé sa décision par un manque d’information financière sur une opération menée entre 2006 et 2007 sur des titres du groupe Saint-Gobain.
Plus d'articles du même thème
-
Le dollar demeure une valeur refuge
Retrouvez comme chaque semaine le chronique de DeftHedge sur le marché des changes. -
Intesa Sanpaolo relève de 800 millions d’euros son offre sur MPS
La première banque italienne avertit qu’elle retirera sa nouvelle proposition si les actionnaires de sa cible approuvent fin octobre le projet alternatif présenté par ses dirigeants. -
Le choc sur les taux préoccupe les gérants crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre d’autant plus prudent sur les spreads, ce mois-ci, que la forte hausse des taux souverains commence à avoir un impact qui incite à la sélectivité.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
Contenu de nos partenaires
-
DivanLycées, dette, budget : la France au bord du burn-out
L'accumulation inédite de crises intenses est révélatrice de l'attitude des Français face à l'école, au travail, à la politique, et à un modèle social qui n'a plus les moyens -
EditorialLycéens, actifs, retraités : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Rien de ressoude plus une société divisée qu’un ennemi commun. Or, cet ennemi existe : c’est la dette ! -
Passage en caisseLycées bloqués et émeutes : qui va payer la casse ?
Le mouvement lycéen entamé le 21 septembre dernier ne faiblit pas et vire souvent aux émeutes urbaines. Face à la casse, collectivités, Etat, régions, et contribuables s'inquiètent de devoir payer la facture