Credit Suisse abandonne à son tour le trading de matières premières
L’amende de Credit Suisse aux Etats-Unis pour aide à l'évasion fiscale n’a pas seulement causé une perte de 700 millions de francs suisses (576 millions d’euros) au deuxième trimestre, la pire enregistrée depuis 2008. Elle pousse aussi le groupe à de nouveaux sacrifices avec l’annonce, hier, de l’arrêt de sa «petite» activité de trading de matières premières, dans le sillage de Deutsche Bank et Barclays.
La banque veut seulement rester active dans le courtage de métaux précieux et le financement du négoce de matières premières. La restructuration de sa division «macro» prévoit aussi une simplification de l’offre de produits de taux et un recentrage des opérations sur devises sur les gros tickets, accompagné d’une baisse de la volatilité et des volumes.
«Les trois secteurs (de la division macro, ndlr) affrontent aujourd’hui des conditions de marché difficiles et, à des degrés variés, des changements structurels de réglementation et de marché», justifie David Mathers, directeur financier de Credit Suisse. L’activité de matières premières, dont les revenus ne sont pas publics, est en perte depuis le début de l’année. Sa fermeture doit générer 75 millions de dollars (56 millions d’euros) d’économies annuelles sur les 200 millions attendus dans la division macro (-29%). Elle doit aussi permettre de réduire le levier de 5 milliards de dollars (sur 25 milliards prévus pour la division, soit -28%) et les actifs pondérés du risque (RWA) de 2 milliards de dollars (sur 8 milliards, soit -40%).
Credit Suisse avait déjà annoncé vouloir ramener ses RWA à 250 milliards de francs à long terme. «Ils devraient tomber sous les 265 milliards en fin d’année, contre 279 milliards à fin juin, estiment les analystes de CreditSights. Ce qui signifie que le ratio de fonds propres durs fully loaded devrait dépasser 10% d’ici à la fin de l’année, contre un objectif de long terme de 11%». Les déboires de la banque aux Etats-Unis ont amputé son ratio Bâle 3 de 70 points de base à fin mars, à 9,3%. Sa solvabilité s’est redressée à 9,5% à fin juin, mais reste inférieure à celle de la plupart de ses pairs.
«La décision de sortir des matières premières a certainement été prise à la lumière de la faiblesse du capital», conclut Dirk Becker, analyste de Kepler Cheuvreux cité par Bloomberg. La division macro pèse 15% des fonds propres alloués à la banque d’investissement, mais ne figure pas dans le Top 6 mondial, indique Credit Suisse dans sa présentation aux analystes.
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