Crédit Agricole CIB signe un accord a minima avec Citic Securities
CA CIB et Citics ont annoncé jeudi soir la prise d’une participation de 19,9% de la banque d’investissement chinoise dans CLSA d’une part et dans Cheuvreux d’autre part, les deux brokers de Crédit Agricole. Cet accord, qui concrétise des discussions menées depuis plus d’un an, a pour objet de «créer un leader mondial du courtage, doté d’une solide présence locale permettant de mieux servir les clients et investisseurs partout dans le monde», explique un communiqué commun. Sous réserve de l’approbation des autorités compétentes, «la clôture de l’opération devrait intervenir avant le 31 décembre 2011», précise-t-il. Les activités de CLSA et de Cheuvreux, en Asie, en Europe et aux Etats-Unis, seront alors rapprochées dans une même structure dont les contours et la gouvernance seront divulgués dans les mois suivants.
De fait, l’opération annoncée n’a pas l’envergure des deux schémas précédemment exposés en mai et décembre 2010. L’ambition était alors de développer une plate-forme détenue à parité couvrant les activités de courtage, mais aussi de primaire actions et de fusions-acquisitions de CA CIB en Asie, et intégrant le courtage institutionnel et la banque d’investissement de Citic Securities international. Toutefois, «Crédit Agricole CIB et Citics confirment leur volonté de poursuivre les discussions afin d’explorer d’autres domaines ou formes de coopération dans le futur», sans plus de précision. Rien n’indique une montée ultérieure de Citics au capital des deux courtiers voire un désengagement total de la banque verte à terme. Pas plus qu’une éventuelle entrée du français au capital du chinois, alors que Citics Securities, déjà coté à Shanghaï, a annoncé son introduction à la Bourse de Hong Kong.
Les données du problème sont néanmoins connues. CA Cheuvreux a perdu de l’argent l’an dernier. La vraie pépite, CLSA, vit de manière autonome, et ce serait sous la menace d’une sécession de ses dirigeants que Crédit Agricole aurait été amené à négocier un partenariat. CA CIB va certes toucher 374 millions de dollars (258 millions d’euros) et renforcer ses fonds propres avec une plus-value, «mais de nombreux candidats étaient prêts à racheter CLSA en totalité, déplore un banquier d’affaires. Aujourd’hui, Crédit Agricole rend quasiment invendable ses 80 % restants, pour un accord dont les synergies restent à démontrer».
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