Commerzbank et Barclays se joignent à la vogue des rachats de dette hybride

La banque allemande va reprendre des titres décotés. Mais pas assez pour combler son déficit en capital
Florent Le Quintrec

Commerzbank est venue alimenter la vague de transactions des banques européennes sur leur dette en annonçant hier une offre de rachat d’instruments hybrides. La deuxième banque allemande entend racheter en numéraire jusqu’à 600 millions d’euros de titres tier 1 sur les 2,23 milliards en circulation. Alors qu’ils traitaient vendredi à des niveaux compris entre 35% et 43% du pair, Commerzbank en propose entre 40% et 52,5%. L’opération se déroulera du 5 au 13 décembre.

«Le potentiel de gain en capital se limite à environ 300 millions d’euros», calcule CreditSights . Le bureau d’analyse estime que l’impact sur le ratio core tier one sera donc faible, mais anticipe un niveau élevé d’acceptation. RBS évalue pour sa part le gain à environ 400 millions ou 15 points de base (pb) de core tier one. Plusieurs analystes s’attendent donc à d’autres opérations de la part de la banque, notamment une augmentation de capital, alors que Commerzbank pourrait devoir trouver jusqu’à 5 milliards d’euros pour atteindre le ratio de 9% réclamé par l’Autorité bancaire européenne.

Dernièrement, Santander, BNP Paribas et la Société Générale ont lancé des transactions similaires de rachat ou d’échange d’instruments hybrides. Hier, Barclays s’est joint à la vogue en proposant de racheter jusqu'à 2,5 milliards de livres de titres tier one, avec des décotes allant jusqu'à 30% du pair. Et Crédit Agricole SA «n’exclut pas d’en faire de même, mais sur un périmètre limité et à des niveaux de primes non agressifs (un gain en capital de 300 à 500 millions d’euros est une option raisonnable», indiquait hier dans une note CA Cheuvreux, qui a rencontré le directeur financier de sa maison mère.

L’offre de rachat de titres tier one en euros et en livres de BNP Paribas a été souscrite à 26% et celle d’échange de tier two à 17%, pour un gain supérieur à 200 millions d’euros. L’impact sur son core tier one sera de «quelques» pb, selon RBS. L’offre d’échange de Santander a convaincu 24% des investisseurs et celle de rachat de la Société Générale 25%. Pour la banque rouge et noire, l’impact sur le core tier one sera de 11 pb.

Santander et Sabadell ont par ailleurs annoncé de nouvelles opérations vendredi, portant cette fois-ci sur un échange d’actions de préférence, qui n’entrent pas dans le calcul du core tier one, contre des actions ordinaires à hauteur de 2 milliards et 850 millions d’euros respectivement.

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