Commerce : l’Europe et les Etats-Unis tentent l’apaisement
Fumée blanche à Washington. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et son homologue américain, Donald Trump, ont annoncé hier soir être parvenus à un accord pour travailler à l’abaissement des barrières commerciales. «C’est un très grand jour pour le commerce libre et équitable, vraiment un très grand jour», a déclaré le président américain au côté de Jean-Claude Juncker. «Les négociations commencent à peine, mais nous savons très bien là où nous allons», a-t-il ajouté. Si la déclaration commune des deux dirigeants reste assez évasive sur le détail des engagements de chaque partie, l’accord a été salué par les marchés. Les indices américains ont accentué leur hausse alors que les devises émergentes profitaient du relâchement des tensions. L’indice dollar a reculé de 0,43%, le billet vert cédant 0,35% face à l’euro et jusqu’à 0,82% face au dollar canadien.
Le président américain a mis en avant leur volonté commune d’aller à terme vers «zéro tarif douanier» dans leurs échanges industriels, exception faite du secteur automobile. «Nous allons également travailler à la diminution des obstacles et à l’augmentation du commerce dans les services, la chimie, la pharmacie, les équipements médicaux, ainsi que dans le soja», indique par ailleurs la déclaration commune, qui fait également mention du lancement d’un dialogue sur les normes pour «faciliter le commerce, réduire les obstacles bureaucratiques et baisser les coûts». Bruxelles et Washington pourraient donc ainsi s’orienter vers la négociation d’un «TTIP allégé», recentré sur les produits industriels.
Donald Trump s’est également félicité de la volonté européenne d’acheter du gaz naturel liquéfié et davantage de soja américains. La déclaration commune n’inclut aucun engagement clair de la part de l’Union sur ces points, mais la baisse relative du prix du soja américain suite à la perte de leur premier marché d’exportation l’a rendu de fait plus attractif pour l’Europe. Les Américains ont par ailleurs accepté de s’atteler à la réforme de l’OMC. Pour approfondir ces sujets, un groupe de travail doit être mis en place incluant les «plus proches conseillers» des deux présidents. Il sera également chargé de «résoudre» à la fois la question des droits de douane que les Etats-Unis ont décidé d’imposer sur leurs importations d’acier et d’aluminium et celle des mesures de rétorsion décidées par l’Union. En attendant, aucun nouveau tarif douanier ne devrait être imposé sur les importations de voitures européennes aux Etats-Unis, indiquait une source européenne à l’AFP.
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