Citigroup cède un gros portefeuille d’actifs toxiques
Citigroup souhaite mettre les fantômes de la crise au placard. Dans le cadre de la publication lundi de ses résultats du premier trimestre 2010, la banque américaine a annoncé avoir transféré quelque 12,7 milliards de dollars (environ 9 milliards d’euros) d’actifs toxiques de sa banque commerciale vers ses activités de trading, à l’intérieur d’un compte spécial logé dans Citi Holdings. Un tour de passe-passe comptable nécessaire pour que Citigroup puisse ensuite céder ces actifs. Près des trois quarts d’entre eux l’ont déjà été, a précisé lundi la banque.
Le groupe suit ainsi le chemin inverse de 2008, lorsqu’il avait transféré massivement, comme d’autres banques, ces actifs toxiques de ses portefeuilles de trading, où ils étaient comptabilisés en valeur de marché, vers les portefeuilles d’actifs détenus à maturité. Dans ce dernier cas, les variations de valeur constatées sur ces actifs étaient enregistrées au bilan sans passer par le compte de résultat.
Les règles comptables exigent que de tels transferts soient motivés par des changements significatifs par rapport aux conditions initiales pour être validés. L’argument du directeur financier de Citigroup, John Gerspach, selon lequel les nouvelles règles édictées par Bâle 3 constituent un tel changement, a été validé par la SEC. Ces actifs, composés de crédits hypothécaires, de «mortgage-backed securities» et d’obligations corporate, entraînent «une pondération du risque anormalement élevée» dans les nouvelles règles de Bâle 3, avec les exigences en fonds propres que ce traitement implique.
Ce transfert a engendré une charge nette avant impôt de 709 millions de dollars au titre des cessions dans ses comptes du premier trimestre. Citigroup précise dans son communiqué que cette charge résulte de «la constatation d’une perte avant impôts de 1,7 milliard de dollar (1 milliard après impôts), (…) partiellement compensée par un gain en valeur de marché de 946 millions de dollars sur ces mêmes actifs». La plupart des actifs ont été cédés à un prix supérieur ou égal à celui inscrit dans ses livres. Une perte qui sera néanmoins circonscrite aux résultats du premier trimestre, et dont l’impact serait, selon CreditSights, limité dans le bénéfice par action à 1,5 centime sur les 10 centimes enregistrés par le groupe au premier trimestre.
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