Christine Lagarde veut renforcer les pouvoirs du gendarme européen des marchés
L’Europe a besoin d’une union des marchés de capitaux, y compris d’un superviseur unique et d’une infrastructure de trading, pour financer sa numérisation et sa transition écologique, a déclaré vendredi Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE).
«Il est évident que nous ne pouvons pas compter sur notre cadre actuel pour financer ces investissements», a-t-elle dit lors de la 33e édition de Congrès européen bancaire de Francfort.
«Nous ne réussirons pas ces transitions si nous ne remettons pas l’Union des marchés de capitaux sur les rails», a-t-elle ajouté.
D’après la Commission européenne, l’UE aura besoin de 620 milliards d’euros par an jusqu’en 2030 pour financer sa transition écologique et de 125 milliards d’euros supplémentaires par an pour financer sa numérisation.
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Christine Lagarde a souligné que les entreprises qui souhaitent se numériser ou se décarboner ne peuvent pas accéder au financement dont elles ont besoin.
Près de 40% des personnes sondées dans le cadre d’une enquête de la BCE sur les petites et moyennes entreprises ont déploré l’absence de volonté de la part des investisseurs pour financer des projets «verts».
En outre, les start-up européennes attirent moitié moins de financements que leurs homologues américaines, a noté Christine Lagarde.
Se substituer aux autorités nationales
Pour renverser cette tendance, Christine Lagarde préconise que l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) soit dotée de pouvoirs accrus, semblables à ceux de la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis, afin de se substituer à la mosaïque des autorités nationales actuelles.
«Elle aurait besoin d’un mandat étendu, y compris une supervision directe, pour atténuer les risques systémiques posés par les grandes entreprises transfrontalières et les infrastructures de marché», a-t-elle ajouté.
Christine Lagarde a également appelé à la création d’un registre unique, appelé dans le jargon des marchés «bande» («tape»), pour permettre l’enregistrement des transactions sur les titres européens.
«La création d’une bande consolidée européenne peut encourager le passage à des infrastructures de marché intégrées et à des groupes d'échange plus importants et transfrontaliers», a-t-elle dit.
(Avec Reuters)
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