Christine Lagarde dévoile une partie de sa feuille de route pour la BCE
La Banque centrale européenne (BCE) doit être prête à agir face à un contexte difficile et elle dispose encore de marges de manoeuvre lui permettant de réduire les taux d’intérêt, même si cela peut constituer un défi en matière de stabilité financière, a déclaré sa future présidente, Christine Lagarde, dans une réponse écrite à la commission des Affaires économiques du Parlement européen rendue publique jeudi.
Confrontée à un ralentissement de la croissance au sein de la zone euro et à une inflation qui persiste à demeurer sensiblement en-dessous de son objectif, la BCE a déjà promis de nouvelles mesures d’assouplissement lors de sa prochaine réunion de politique monétaire le 12 septembre. Ces mesures figureront parmi les dernières que prendra son actuel président, Mario Draghi, auquel Christine Lagarde doit succéder le 1er novembre.
«La BCE a une large gamme d’outils à sa disposition et elle doit être prête à agir», explique l’actuelle présidente du FMI. «Même si je ne crois pas que la BCE ait atteint le point bas effectif en matière de taux directeurs, il est clair que les taux bas ont des implications pour le secteur bancaire et plus généralement pour la stabilité financière», ajoute-t-elle.
Dans sa réponse, Christine Lagarde souligne aussi les limites de la politique monétaire, particulièrement après l’utilisation de beaucoup des instruments non conventionnels à sa disposition. «La BCE est confrontée à un nombre croissant de défis structurels et devra aussi gérer les attentes sur ce qu’elle peut et ne peut pas faire pour maintenir la confiance dans ses politiques», a-t-elle ajouté. «Si la politique monétaire est un outil efficace pour stabiliser le cycle économique, elle ne peut pas relever le potentiel de croissance à plus long terme des pays», prévient-elle.
Selon elle, il serait ainsi approprié pour la BCE de procéder à un examen plus large de sa stratégie en raison de l’ampleur des changements intervenus dans sa politique monétaire depuis la grande crise financière : «Comme pas mal de temps s’est écoulé depuis le dernier examen stratégique en 2003, il serait bon de tirer les enseignements de la crise financière en ce qui concerne les changements dans l’environnement macroéconomique et le processus inflationniste.»
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